L’ancien conseiller à la Présidence chargé du protocole, Mohamed Bouakkaz, a comparu devant le tribunal correctionnel de Bir Mourad Rais, répondant des chefs d’inculpation d’« abus de fonction » et d’« enrichissement illicite ». Des accusations qu’il rejette catégoriquement, affirmant être victime d’une machination.
Le juge l’a interrogé sur les cinq ou six montres Rolex qu’il aurait reçues en cadeau et revendues, d’une valeur estimée à 5 millions de dinars pièce. Bouakkaz a nié leur existence, dénonçant des conditions d’audition douteuses : « J’ai signé un procès-verbal à 4 heures du matin. Où est la preuve ? Donnez-moi une seule loi que j’ai violée». Concernant l’enrichissement illicite, l’ancien conseiller a défendu l’origine licite de ses biens, soulignant avoir subi cinq enquêtes de sécurité approfondies, toutes concluantes. « Si j’avais voulu m’enrichir illégalement, avec mon poste, j’aurais acquis bien plus qu’un simple appartement », a-t-il rétorqué. Il a expliqué que ses propriétés, notamment à Draria et Chevalley, avaient été achetées via des crédits immobiliers et déclarées aux autorités compétentes. Un point litigieux concerne les 10 millions de dinars confiés à son ami Merzak Rouidjali, que l’accusation présente comme une tentative de dissimulation. Bouakkaz a donné une autre version : il s’agirait d’une avance pour l’achat d’une voiture, finalement annulée, et d’une somme appartenant à sa belle-famille, destinée au pèlerinage. Son épouse, entendue à la barre, a confirmé cette explication et minimisé ses précédentes déclarations sur les Rolex, affirmant avoir parlé « sous la pression » d’une procédure de divorce. La procureure a requis la peine maximale de 10 ans de prison, tandis que la défense – composée de quatre avocats – a dénoncé des vices de procédure. Me Chama a souligné les contradictions dans les déclarations de Rouidjali, tandis que Me Benhabyles a fustigé l’absence de notification formelle du mandat de dépôt. Après plus de trois heures d’audience, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict, attendu pour le 23 avril, déterminera le sort de cet ancien haut fonctionnaire, qui clame son innocence et dépeint un parcours marqué par le sacrifice et la loyauté envers l’État. Ismain






























