L’eurodéputée, Malika Sorel claque la porte du RN

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Coup de théâtre au sein de la délégation du Rassemblement national (RN) à Strasbourg. Malika Sorel, numéro 2 de la liste RN aux élections européennes de 2024, a annoncé sur X sa décision de quitter le groupe. « Je n’ai jamais été membre du Rassemblement national, mais je pensais pouvoir être utile à la France au sein de cette délégation. J’ai été déçue », a-t-elle écrit, marquant une rupture nette avec le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

L’eurodéputée, qui reste membre du groupe Patriotes pour l’Europe – présidé par Bardella – mais désormais étiquetée « sans parti » selon le Parlement européen, n’a pas mâché ses mots. Elle dénonce « une logique de groupe oppressante qui impose de renoncer à tout degré de liberté et annihile toute possibilité de réflexion intellectuelle ». Pour Malika Sorel, « la gravité de la situation actuelle de la France impose de ne pas se soumettre à des logiques partisanes » qui entravent, selon elle, le redressement du pays.

Ce départ est un revers pour le RN, qui avait misé sur le profil atypique de cette essayiste pour séduire un électorat plus large lors des européennes de 2024. Fille d’immigrés algériens, née en France, Malika Sorel s’était fait connaître par ses essais sur l’immigration et ce qu’elle appelle la « décomposition de la France », critiquant une partie des immigrés qu’elle accuse de « se retourner contre la terre d’accueil ». Ancienne membre du Haut Conseil à l’intégration sous Nicolas Sarkozy, elle avait collaboré avec des figures de la droite comme Dominique de Villepin et François Fillon avant de rejoindre la liste RN. En 2017, tout en soutenant Fillon, elle estimait que Marine Le Pen « regarde un certain nombre de réalités en face ».

Cette défection intervient dans un contexte délicat pour le RN, qui cherche à asseoir sa crédibilité sur la scène européenne tout en préparant l’échéance de 2027 en France. La critique acerbe de Malika Sorel sur l’absence de liberté intellectuelle au sein du groupe pourrait résonner auprès d’autres membres ou sympathisants, alors que le parti est souvent accusé de fonctionner de manière très centralisée autour de ses leaders. Reste à voir si cette sortie influencera d’autres eurodéputés ou si elle restera un épiphénomène dans la stratégie du RN.

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