Le 17 avril 2025, deux généraux de brigade de l’armée de Terre française, André Coustou et Paul Pellizzari, ont été radiés des cadres de la deuxième section par décret présidentiel, une mesure disciplinaire rare signée par Emmanuel Macron, chef des armées. Publiés au « Journal officiel » pendant le week-end pascal, ces décrets sanctionnent des officiers considérés comme proches de l’extrême droite, accusés d’avoir enfreint leur devoir de réserve en raison de prises de position publiques controversées.
Le général André Coustou, 79 ans, en deuxième section depuis avril 2001, s’était illustré en cosignant en avril 2021 la « Tribune des généraux », publiée sur le blog « Place d’armes »puis relayée par l’hebdomadaire d’extrême droite « Valeurs Actuelles ». Ce texte, signé par une soixantaine de généraux et 27 000 anciens militaires selon ses promoteurs, dénonçait « le délitement de la France » et mettait en garde contre un « laxisme » qui, selon les signataires, « se répandrait inexorablement dans la société ». À l’époque, la ministre des Armées, Florence Parly, avait qualifié cette tribune d’« irresponsable », promettant des sanctions pour les officiers ayant violé leur obligation de réserve, une règle qui s’applique aussi bien aux militaires d’active qu’aux retraités.
Le parcours du général Coustou a depuis été marqué par une série de controverses. En septembre 2024, il avait été exclu de l’association « Place d’armes » par son président-fondateur, Jean-Pierre Fabre-Bernadac, qui l’avait également déchu de son titre de président d’honneur. Quelques semaines plus tard, Coustou avait fondé une nouvelle association, « Pro Patria » (« Pour la Patrie »), ouverte aux civils et aux militaires, visant à « promouvoir le devoir de mémoire et la relation Armée-Nation », selon « Le Pays Malouin ». Par ailleurs, il y a un an, Coustou avait déposé une plainte devant la Cour de justice de la République (CJR) contre le Premier ministre Gabriel Attal, le ministre des Armées Sébastien Lecornu et le ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné. Il leur reprochait d’avoir « livré illégalement à l’Ukraine des matériels et armes prélevés sur les stocks de la Défense nationale ». Une plainte rapidement rejetée par la CJR.
Le général Paul Pellizzari, radié le même jour, partage un parcours similaire. En deuxième section depuis octobre 2011, il avait également signé la tribune de 2021 et s’était associé à la plainte de Coustou contre le gouvernement. Pellizzari avait publiquement questionné la légalité de l’envoi d’une trentaine de canons Caesar à l’Ukraine, prélevés sur les stocks de l’armée de Terre, ainsi que les conséquences de cette décision sur la capacité opérationnelle française.
Ces radiations, interviennent dans un contexte de tensions politiques, où les prises de position de militaires, souvent proches de l’extrême droite, alimentent le débat sur la politisation des forces armées.






























