Inde-Pakistan : la guerre de l’eau

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Le 23 avril 2025 pourrait entrer dans l’histoire comme le jour où l’eau est devenue une arme de guerre entre l’Inde et le Pakistan. Après l’attentat de Pahalgam, au Cachemire indien, qui a coûté la vie à 26 touristes, New Delhi a accusé un groupe lié au Pakistan, la Résistance du Cachemire, qu’elle considère comme une émanation du mouvement djihadiste Lashkar-e-Taiba. En guise de représailles, l’Inde a brandi une menace aussi inédite que redoutable : se retirer du traité de l’Indus de 1960, qui garantit au Pakistan un accès vital aux eaux des fleuves Ravi, Sutlej et Beas. Une escalade qui transforme un différend territorial en une crise humanitaire potentiellement dévastatrice.

Le Cachemire, ce « monstre » né de la partition arbitraire de 1947, reste une plaie ouverte entre les deux puissances nucléaires. Malgré la « ligne de contrôle » établie dans les années 1970, la région demeure un foyer de tensions, alimenté par des revendications territoriales et des accusations mutuelles de soutien au terrorisme. L’attentat de Pahalgam, revendiqué par un groupe dénonçant la politique indienne d’installation d’« étrangers » dans la région, a ravivé une animosité profonde. Mais en menaçant de couper l’eau au Pakistan, l’Inde franchit un seuil dangereux, faisant d’un bien commun – l’eau – un levier stratégique dans un conflit aux racines historiques.

Le traité de l’Indus, signé sous l’égide de la Banque mondiale, est un rare exemple de coopération entre ces deux voisins rivaux. Il attribue à l’Inde un contrôle sur les trois fleuves orientaux, mais oblige New Delhi à laisser leurs eaux s’écouler librement vers le Pakistan, où elles irriguent les provinces agricoles du Pendjab et du Sindh. Priver de cette ressource, le Pakistan reviendrait à assécher ses champs, à affamer ses populations et à provoquer une crise humanitaire majeure.

Le Premier ministre  indien, Narendra Modi, n’en est pas à sa première menace. En 2016 et en 2019, suite à des attentats, il avait déjà évoqué une suspension du traité, déclarant que « le sang et l’eau ne peuvent couler ensemble ». Cette fois, l’Inde semble prête à passer à l’acte, au risque d’une escalade incontrôlable. Au Pakistan, où le sentiment anti-indien est déjà exacerbé, les déclarations indiennes ont été perçues comme une déclaration de guerre. Haris Dar, chef d’un parti islamiste pakistanais, n’a pas mâché ses mots : « L’Inde a effectivement déclaré la guerre. » Dans un monde déjà secoué par des conflits armés, une confrontation directe entre ces deux puissances nucléaires serait une catastrophe. Riad

 

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