La participation de la brigade israélienne Golani aux exercices militaires African Lion 2025, qui se sont déroulés au Maroc, soulève une controverse majeure. Cette unité, accusée de graves exactions à Gaza, dont le massacre de secouristes palestiniens à Rafah, se retrouve au cœur d’un exercice multinational co-organisé par les États-Unis et le Maroc. À l’heure où le Sahel et le Maghreb cherchent à définir leurs alliances, cette décision interroge sur les priorités éthiques et géopolitiques des pays impliqués.
Depuis des mois, les bombardements israéliens à Gaza ont fait des dizaines de milliers de victimes, alimentant des accusations de crimes de guerre contre des unités comme la Golani, connue pour ses opérations brutales. Les récents rapports font état de frappes indiscriminées et de pertes civiles massives, notamment parmi les enfants et les travailleurs humanitaires. Pourtant, cette même brigade s’entraîne aujourd’hui sur le sol marocain, aux côtés de troupes de plus de 40 nations, dans un exercice censé promouvoir la stabilité régionale. Cette juxtaposition choque, surtout au vu des tensions croissantes dans la région.
Le Maroc, en accueillant la Golani, semble privilégier ses liens avec Israël, normalisés depuis 2020 via les accords d’Abraham, au détriment de la solidarité arabe et africaine. Sur les réseaux sociaux, des voix s’élèvent pour dénoncer une « trahison » et un « effondrement moral », tandis que des pays comme la Tunisie, qui n’a pas de relations diplomatiques avec Israël, refusent d’accueillir ces forces. Cette décision pourrait fragiliser la crédibilité de Rabat, déjà critiqué pour sa gestion du conflit au Sahara occidental, et alimenter les divisions au sein de l’Union africaine.
Les États-Unis, principaux instigateurs d’African Lion, portent également une responsabilité. En intégrant une unité controversée dans un exercice censé renforcer la coopération sécuritaire, ils risquent de discréditer leur discours sur les droits humains, surtout alors que l’aide humanitaire à Gaza est bloquée sous leur supervision. Cette présence soulève des questions sur les véritables objectifs de l’exercice : s’agit-il de sécurité régionale ou d’un alignement stratégique avec Israël, au mépris des populations affectées ?
Cette affaire dépasse le cadre militaire. Elle met en lumière les contradictions d’une diplomatie qui, sous couvert de pragmatisme, ignore les souffrances humaines. Le Maroc et ses partenaires doivent s’interroger : peut-on bâtir une paix durable en cautionnant des forces impliquées dans des massacres ? Ce Samedi à 23h27, alors que les combats à Gaza continuent, la réponse semble loin d’être évidente. L’African Lion pourrait bien devenir le symbole d’une hypocrisie géopolitique, au lieu d’un pas vers la stabilité Riad






























