Algérie : défi lancé à une France hésitante

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Les relations algéro-françaises atteignent un point de non-retour, marquées par une escalade verbale qui reflète des décennies de malentendus et d’intérêts divergents. L’Agence de presse algérienne (APS) a fustigé avec virulence les milieux français, accusés de « gérer les relations bilatérales par des fuites organisées, improvisées et malavisées, sans le moindre discernement ». Ce réquisitoire cinglant fait suite à des informations publiées par « L’Express », suggérant que Paris envisage de geler les avoirs de responsables algériens, en représailles au refus d’Alger d’accueillir ses ressortissants expulsés.

Ces « fuites », selon l’APS, visent à paralyser les biens immobiliers et financiers des élites algériennes en France, un geste perçu comme une provocation gratuite. L’agence dénonce un amateurisme flagrant, affirmant que « la relation n’a jamais été aussi basse, ni aussi dépourvue de sérieux ». Derrière cette rhétorique, un message clair : l’Algérie ne se laissera pas intimider. «chiche, faites ce dont vous parlez ! » lance-t-elle à Paris, dans un défi qui traduit à la fois mépris et confiance en sa résilience.

Mais ce bras de fer cache une vérité plus profonde. L’APS rappelle que l’Algérie, loin de l’image fantasmée d’un « régime » ou d’une « élite dirigeante » que Paris affectionne, est un État souverain qui a multiplié les demandes de coopération judiciaire. Cinquante et une commissions rogatoires internationales, des extraditions de corrupteurs condamnés pour vol et pillage des deniers publics : autant de requêtes restées lettre morte. Cette négligence, selon l’agence, fait des autorités françaises des complices de pratiques illégales, un reproche qui résonne avec l’histoire coloniale encore vive entre les deux nations.

La France, sommée de « nettoyer ses propres écuries » pour regagner crédibilité, se trouve dans une position délicate. Ces tensions, exacerbées par des expulsions et des blocages diplomatiques, menacent de geler davantage un partenariat déjà fragilisé. L’Algérie, avec sa mémoire de lutte et son exigence de justice et les provocations en série de Paris, risquent de priver les deux pays d’un dialogue nécessaire, au moment où des enjeux communs – migration, terrorisme, économie – exigent une coopération. À l’aube de ce jour, la balle est dans le camp français : saura-t-elle répondre avec sérieux, ou continuer à alimenter un cycle de méfiance ?  Riad

 

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