Imane Khelif suspendue : la boxe dans la tourmente

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Imane Khelif, la boxeuse algérienne auréolée d’or aux Jeux olympiques de Paris 2024, se retrouve une fois encore au cœur d’une controverse qui dépasse le ring. World Boxing, la nouvelle fédération internationale, a annoncé vendredi une politique de tests de sexe obligatoires pour tous les compétiteurs, ciblant directement Khelif. La championne est désormais interdite de combats, y compris à la Eindhoven Box Cup du 5 au 10 juin, tant qu’elle n’aura pas passé un test génétique PCR visant à détecter le gène SRY, indicateur du chromosome Y. Cette décision, qui ravive les accusations infondées de 2024, est une atteinte à la dignité d’une athlète et un symptôme d’un système sportif en proie à des biais profonds.

Lors des JO 2024, des rumeurs infondées sur sa féminité avaient enflammé les réseaux sociaux, malgré le soutien du Comité international olympique (CIO), qui avait dénoncé un harcèlement « inacceptable ». Thomas Bach, président du CIO, avait alors affirmé sans équivoque : « Imane est une femme, il n’y a aucun doute là-dessus. » Pourtant, World Boxing semble ignorer ces précédents, imposant une mesure qui, sous couvert d’équité, stigmatise une athlète déjà éprouvée.

Le test génétique exigé, centré sur le gène SRY, soulève des questions éthiques et scientifiques. La présence d’un chromosome Y ne définit pas nécessairement le genre ou les capacités physiques d’une personne.

Mais où est la sécurité dans cette chasse aux sorcières qui bafoue les droits humains ? Pourquoi une fédération, censée protéger ses athlètes, choisit-elle de les exposer à une discrimination publique ? Pourquoi ignorer les conclusions du CIO et les examens médicaux déjà menés en Europe et en Algérie, qui, selon son manager Nasser Yefsah, confirmaient son éligibilité ?

Cette affaire révèle une vérité amère : le sport, loin d’être un espace d’égalité, reste un champ de bataille idéologique où des athlètes comme Khelif deviennent des boucs émissaires. World Boxing doit revoir sa copie, non pas pour des raisons d’équité compétitive, mais pour préserver la dignité humaine. Khelif a prouvé sa valeur sur le ring ; il est temps que le monde de la boxe lui rende justice hors de l’arène. Riad 

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