À l’heure où les économies du Sud cherchent à se libérer des chaînes de la dépendance, l’Algérie avance à pas fermes sur le chemin de la diversification économique. L’annonce récente de l’approbation de « 270 projets d’investissement pour une valeur dépassant les 9 milliards de dollars » marque une étape symbolique mais aussi stratégique dans cette trajectoire.
Au-delà des chiffres, c’est une dynamique qui se dessine : celle d’un pays qui entend transformer ses ressources, ses territoires et ses opportunités en leviers de développement durable. Des secteurs comme l’industrie manufacturière, l’agriculture ou les énergies renouvelables concentrent désormais les espoirs et les moyens. Et c’est tout sauf un hasard. Il s’agit là des piliers concrets d’une économie qui veut produire localement, nourrir sa population et anticiper les transitions énergétiques.
L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), à peine deux ans après sa création, joue un rôle clé dans ce virage. En attirant capitaux étrangers et partenariats locaux, en fluidifiant l’accès au foncier, en travaillant à désenclaver des zones longtemps négligées comme Djelfa ou Saïda, elle œuvre à réconcilier l’investissement avec l’équité territoriale. Un défi de taille dans un pays où l’économie a longtemps été polarisée autour de quelques régions et surtout dépendante d’un seul secteur : les hydrocarbures.
Mais l’ambition affichée ne suffira pas. Pour que ces projets ne restent pas à l’état de promesses sur papier, l’État devra accélérer la simplification des procédures, garantir la stabilité du cadre réglementaire et renforcer la transparence. Il en va de la crédibilité du pays auprès des investisseurs, mais aussi de la confiance des citoyens, qui doivent pouvoir constater les retombées réelles de cette politique sur leur quotidien.
Dans un continent africain souvent victime de l’extraversion de ses économies, l’Algérie semble vouloir inverser la tendance : produire chez soi, pour ses besoins, avec ses partenaires. C’est là un projet politique autant qu’économique.
Avec un produit intérieur brut (PIB) avoisinant les 230 milliards de dollars, l’Algérie figure parmi les premières puissances économiques d’Afrique du Nord. Elle dispose de réserves énergétiques stratégiques, notamment en gaz naturel, qui en font l’un des principaux fournisseurs du continent européen. Mais ce poids, longtemps adossé aux hydrocarbures, constitue aujourd’hui un levier à convertir en diversification réelle. D’où l’importance des investissements annoncés, qui visent à déplacer le centre de gravité de l’économie algérienne vers des secteurs à haute valeur ajoutée et plus résilients aux chocs extérieurs. Riad






























