Justice : Tayeb Louh condamné à 4 ans de prison ferme

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Le pôle pénal, économique et financier de Sidi M’hamed, à Alger, a rendu ce lundi un verdict condamnant l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, à 4 ans de prison ferme, assortis d’une amende de 200 000 dinars. Cette sentence intervient dans le cadre d’accusations de corruption liées à ses fonctions gouvernementales entre 2002 et 2019.

Dès le début des années 1990, alors qu’il présidait le syndicat des magistrats, Tayeb Louh avait été impliqué dans des affaires judiciaires. En 2022, il avait été condamné à deux reprises, à deux et trois ans de prison, pour « abus d’influence » et « octroi d’avantages indus». Ces condamnations faisaient suite à son intervention pour faire annuler des mandats d’arrêt internationaux visant Chakib Khelil, ancien ministre de l’Énergie, et un membre de la famille Kouninef, propriétaires du groupe économique « Koji Si ». Alors que sa sortie de prison était prévue pour le 22 août 2025, les autorités de la prison d’El Kolea, à Tipaza, ont notifié à Tayeb Louh l’ouverture d’une nouvelle enquête pour « non-déclaration de patrimoine » et «enrichissement illicite ». Ce sont ces charges qui ont conduit au verdict prononcé ce lundi. L’accusation de non-déclaration de patrimoine concerne une villa à Staoueli, dans la banlieue ouest d’Alger, acquise sur plan en 2017 auprès de l’Office de promotion et de gestion immobilière, alors que Louh était encore ministre. L’achat a été finalisé en 2018. L’enrichissement illicite, quant à lui, repose sur trois biens immobiliers dont les sources de financement n’ont pas été justifiées : un appartement à Marsa Ben M’hidi (Tlemcen), acquis en 1986 via un programme de cession de biens publics ; un bungalow à Tlemcen, acheté en 2015 ; et une villa luxueuse dans le quartier « Bois des Cars » à Dely Ibrahim, à Alger, acquise en 2018. Lors du procès, qui s’est tenu le 23 juin dernier, le procureur général avait requis une peine de 10 ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars, reprochant à l’accusé de ne pas avoir respecté l’obligation légale de déclarer son patrimoine. Il a également souligné que Louh avait acquis et revendu plusieurs biens immobiliers sans les utiliser comme résidence, notant que la majorité de ces biens n’ont été déclarés qu’en 2019, sous la pression du mouvement populaire et dans le contexte de la chute du régime de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Tayeb Louh, aujourd’hui âgé de 74 ans, a vigoureusement nié les accusations portées contre lui. « Je resterai calme pour préserver ma santé, après avoir subi deux opérations cardiaques en prison. J’ai consacré 46 ans de ma vie au service de l’État. Je n’ai commis aucun crime grave ni été impliqué dans des scandales moraux. Pourtant, je suis aujourd’hui injustement jugé », a-t-il déclaré lors de sa défense. Il a également revendiqué son « intégrité et sa rigueur », des propos rapportés par des avocats présents à l’audience. Interrogé sur la compatibilité de ses biens immobiliers avec ses revenus, Louh a répondu : «Je percevais un salaire mensuel de 300 000 dinars. En tant que ministre, je n’avais pas à supporter de loyer ni de lourdes dépenses de vie courante. » Il a exigé la nomination d’un expert financier indépendant pour prouver son innocence, affirmant être « un homme intègre».

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