Asie du Sud-Est : un tournant stratégique pour la diplomatie algérienne

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Alors que l’équilibre géopolitique mondial continue de se redessiner, l’Algérie s’affirme comme un acteur engagé dans la réinvention de ses relations internationales. Le déplacement du ministre d’État algérien, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à Singapour marque une étape symbolique dans cette nouvelle orientation diplomatique qui voit le pays intensifier ses liens avec les puissances économiques et stratégiques de l’Asie du Sud-Est. La séance de travail entre M. Ahmed Attaf et son homologue singapourien Vivian Balakrishnan n’est pas un simple rendez-vous protocolaire. Elle incarne une volonté claire de renforcer un partenariat bilatéral encore jeune mais riche de promesses. Les discussions ont permis d’évaluer l’état des lieux des relations algéro-singapouriennes, tout en identifiant des pistes concrètes pour les hisser à un niveau supérieur. La complémentarité entre les deux économies — celle de l’Algérie, riche en ressources naturelles et en ambitions industrielles, et celle de Singapour, dynamique technologique et logistique — ouvre effectivement des perspectives encourageantes. Les expériences partagées dans les domaines de la gestion portuaire et de l’industrie de transformation montrent que ce partenariat peut porter des résultats concrets. Et si ces secteurs pionniers sont déjà sur de bons rails, l’élargissement envisagé aux domaines tels que l’agriculture, la numérisation, les start-up, la gestion urbaine, ou encore l’éducation, témoigne d’une vision globale et prospective. Il ne s’agit plus seulement d’échanges commerciaux ponctuels, mais bien d’un projet de coopération structurante, capable de répondre aux défis du XXIe siècle. Au-delà des questions économiques, les échanges entre les deux diplomates ont également abordé des sujets brûlants de l’actualité internationale. En premier lieu, la situation au Moyen-Orient et l’évolution de la cause palestinienne, thèmes centraux de la diplomatie algérienne depuis des décennies. Mais aussi, les turbulences dans la région sahélo-saharienne, où l’Algérie joue un rôle régional crucial. Ces échanges montrent que cette ouverture vers l’Asie ne se fait pas au détriment de l’engagement traditionnel de l’Algérie sur la scène africaine et méditerranéenne, mais plutôt en complémentarité. Cette visite à Singapour peut être vue comme un signal fort : l’Algérie cherche à sortir des sentiers battus de sa diplomatie historique. Face aux tensions persistantes dans le bassin méditerranéen et à la complexité des relations avec les grandes puissances occidentales, elle choisit de diversifier ses alliances, de renforcer ses partenariats Sud-Sud et d’explorer de nouvelles synergies avec les pays asiatiques, modèles de développement économique et d’innovation. En somme, cette démarche reflète une diplomatie mature, pragmatique et tournée vers l’avenir. Si la route sera longue pour transformer ces intentions en réalisations tangibles, force est de reconnaître que l’Algérie a désormais posé les bases d’un positionnement international plus pluraliste, plus ouvert… et probablement plus résilient. L’ouverture vers l’Asie du Sud-Est n’est donc pas qu’un changement de cap géographique : elle pourrait bien annoncer un nouveau chapitre dans l’histoire diplomatique algérienne. Charef Slamani

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