Mali : HRW dénonce des exactions de l’armée

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A Malian soldier wears a belt of ammunition around his neck before going to the village of Kadji in Gao March 1, 2013. According to the Malian Army, Kadji was a stronghold of radical Islamist group the Movement for Oneness and Jihad in West Africa (MUJAO) before Malian forces took it back on Thursday. REUTERS/Joe Penney (MALI - Tags: CONFLICT CIVIL UNREST POLITICS MILITARY)

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé mardi l’armée malienne et le groupe paramilitaire russe Wagner d’avoir perpétré « des dizaines d’exécutions sommaires et de disparitions forcées » d’hommes peuls depuis janvier 2025, dans le cadre d’opérations antijihadistes. Cette dénonciation, basée sur des entretiens avec 29 personnes dont 16 témoins, met en lumière des actes graves – meurtres, incendies de maisons, tortures, enlèvements – dans quatre régions : Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. HRW estime que ces exactions, imputables à une collaboration entre l’armée malienne et Wagner depuis plus de trois ans, ont coûté la vie à au moins 12 hommes peuls et entraîné la disparition forcée d’au moins 81 autres.

Parmi les incidents signalés, HRW cite l’exécution en avril de 65 éleveurs et marchands peuls à Sebabougou, dans la région de Kayes, par l’armée malienne et des combattants de Wagner, accusés de cibler cette communauté sous prétexte de liens avec des groupes islamistes. Cette stigmatisation des Peuls, régulièrement pris pour cible dans le Sahel, alimente un cycle de violence aggravé par l’instabilité sous la junte militaire au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Bien que Wagner ait annoncé fin mai la fin de sa mission, avec une réintégration de ses contingents dans l’Africa Corps russe, les accusations persistent, pointant une responsabilité partagée avec les autorités maliennes.

Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à HRW, prévient que les hauts responsables maliens et russes pourraient être tenus responsables de ces crimes. L’ONG appelle l’Union africaine (UA) à faire pression sur la junte pour enquêter, juger équitablement les responsables et indemniser les familles des victimes. Malgré un courrier adressé aux ministres de la Justice et de la Défense maliens, aucune réponse n’a été reçue.

 

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