Niger : l’ex-président Bazoum, séquestré depuis deux ans

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Deux ans après son renversement le 26 juillet 2023, l’ex-président nigérien Mohamed Bazoum, élu démocratiquement en 2021, reste arbitrairement détenu dans l’enceinte du palais présidentiel à Niamey, sous le joug de la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tiani, ancien chef de sa garde rapprochée. Coupé du monde extérieur, confiné dans deux pièces sans accès à l’air libre, Bazoum refuse obstinément de démissionner, un acte que ses proches craignent de voir imposé par l’oubli international. Séquestré avec son épouse Hadiza, il endure des conditions de détention qui s’aggravent, alimentant les inquiétudes sur son sort et celui d’une démocratie nigérienne brutalement interrompue.

Les conditions de captivité, strictes dès les premiers jours, se sont durcies après une accusation controversée en octobre 2023 de tentative d’évasion, qualifiée de « montage » par sa défense. Transférés d’une résidence présidentielle à une aile surveillée en permanence par des militaires armés, les Bazoum vivent dans un espace réduit : une chambre, un petit salon et un couloir de quelques mètres pour leurs rares mouvements. Deux cuisiniers loyaux restent à leurs côtés pour préparer leurs repas, un geste de solidarité dans un isolement total. Les autorités justifient cette rigueur par la supposée évasion de Bazoum, affirmant que Hadiza pourrait sortir mais choisit de rester, une version contestée par les défenseurs des droits humains qui dénoncent une séquestration arbitraire.

Depuis deux ans, Bazoum est privé de contacts avec sa famille, ses avocats et le monde extérieur, une situation condamnée par des organisations internationales. En février 2025, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a qualifié sa détention, ainsi que celle de Hadiza, de violation du droit international, appelant à leur libération immédiate. Malgré cela, la junte, qui a suspendu la constitution et dissous les institutions, persiste, préparant un procès pour « haute trahison » sans date fixée, après avoir levé son immunité présidentielle en 2024.

Cette séquestration soulève des questions troublantes : la junte utilise-t-elle Bazoum comme un pion pour consolider son pouvoir, ignorant les appels internationaux ? Le retrait d’ECOWAS par le Niger en janvier 2025, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, complique davantage les pressions régionales. Cette détention, symbole d’une dérive autoritaire, risque d’enfoncer le Niger dans l’instabilité, alors que le pays, déjà miné par l’insécurité jihadiste, voit son image démocratique s’effriter.

 

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