Blanchiment d’argent : l’Algérie se mobilise

0
232

La publication au Journal officiel (n° 48) le 24 juillet marque l’entrée en vigueur de la loi relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, une étape décisive pour l’Algérie dans sa quête de conformité aux normes internationales. Cette version amendée de la loi n° 25-10 introduit des mesures clés : identifier, évaluer et actualiser en permanence les risques de blanchiment, de financement du terrorisme ou de prolifération des armes de destruction massive, tout en rendant les résultats des évaluations nationales et sectorielles accessibles aux autorités compétentes, dans le respect des lois sur la protection des données personnelles. Ce texte reflète une volonté d’aligner la législation algérienne sur les exigences du Groupe d’action financière , dans un contexte où la criminalité transfrontalière menace la stabilité.

Lors de la cérémonie de signature d’un protocole de coopération entre le ministère de la Justice et la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), coprésidée avec le ministre des Finances, le ministre de la Justice a salué ces efforts. Il a souligné l’amendement comme un moyen d’optimiser le système national, renforçant les mesures préventives, les capacités de la Police judiciaire pour des enquêtes parallèles, et le système de sanctions. Huit évaluations sectorielles, dont celle des risques liés aux personnes morales, et une évaluation nationale des risques ont été réalisées, démontrant un engagement institutionnel fort. Des protocoles avec les banques et institutions financières visent à garantir l’intégrité des responsables et bénéficiaires effectifs, soutenus par des ateliers de formation avec des experts nationaux.

Un enjeu central émerge : le lien entre blanchiment d’argent et criminalité grave – corruption, trafic de drogue, contrebande, criminalité organisée – pousse les réseaux à des montages financiers complexes. Le ministre a insisté sur l’activation des mécanismes pour détecter les opérations suspectes et saisir les profits illicites, une démarche essentielle pour moraliser la vie publique. Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre approbation – « un pas contre la corruption » – et scepticisme sur l’application effective. Cette loi place l’Algérie dans une position proactive, mais son succès dépendra de la coordination interinstitutionnelle et de la formation continue face à une criminalité de plus en plus sophistiquée.

L’enjeu dépasse les frontières : en respectant les standards internationaux, l’Algérie pourrait renforcer sa crédibilité économique et attirer des investisseurs, tout en luttant contre les flux financiers illégaux alimentant les conflits régionaux, notamment au Sahel. Cette loi est un bouclier potentiel, mais elle requerra une mobilisation constante pour protéger la nation des menaces invisibles qui la guettent.  Riad

.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici