Un avenir «d’acier» prospère pour l’Algérie

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L’Algérie se positionne comme un acteur émergent dans l’industrie arabe du fer et de l’acier, une ambition renforcée par la rencontre mardi entre le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrib, et Ahmed Abdelaziz Ezz, président du Conseil d’administration de l’Union arabe du fer et de l’acier.

Hébergeant le siège de cette organisation fondée en 1971, l’Algérie mise sur une intégration régionale et l’exploitation de ses vastes ressources pour réduire sa dépendance aux importations et concurrencer des leaders comme l’Égypte. Dans un contexte de hausse de la production arabe d’acier brut à 3,337 millions de tonnes en juin 2025 (+6,3 % par rapport à 2024), l’Algérie, avec 330 000 tonnes malgré une baisse de 5,7 %, cherche à transformer ses défis en opportunités.

Cette stratégie s’appuie sur des projets phares comme l’exploitation du gisement de Ghar Djebilet à Tindouf, doté de 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer. Lancée en 2022 avec une capacité initiale de 3 millions de tonnes par an, cette mine vise 50 millions de tonnes d’ici 2040, soutenue par une première unité de production de fer brut prévue pour 2026. Parallèlement, la réhabilitation de l’usine de Draa El Hadja à M’sila, confiée à l’Entreprise nationale des fonderies (FONDAL), renforce une capacité de 650 000 tonnes annuelles, un atout pour une industrie locale en plein essor. Ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large de valorisation des ressources minières, visant à réduire les 15 millions de tonnes importées en 2024, coûtant 1,4 milliard de dollars, selon le PDG de Sonarem, Belkacem Soltani.

La rencontre a aussi exploré des mécanismes pour dynamiser le rôle du secrétariat général de l’Union arabe, basé à Alger, afin de coordonner les efforts régionaux et d’échanger les expertises, face à une Afrique du Nord qui produit 8,95 millions de tonnes d’acier brut sur les six premiers mois de 2025 (+5,1 %). Sur les réseaux sociaux, les réactions saluent un « potentiel industriel » mais appellent à des investissements massifs pour combler l’écart avec l’Égypte (729 000 tonnes en juin). Cette ambition reflète une volonté de leadership, mais elle exige une modernisation technologique et une coopération renforcée pour rivaliser dans un marché globalisé.

L’enjeu est stratégique : en s’appuyant sur ses ressources et son positionnement régional, l’Algérie pourrait non seulement réduire sa facture d’importation, mais aussi devenir un hub industriel arabe. Cependant, ce rêve sidérurgique dépendra de la capacité à surmonter les défis logistiques, à attirer des partenaires étrangers et à former une main-d’œuvre qualifiée. Dans un monde où l’acier dicte l’économie, l’Algérie a une chance historique de forger son avenir.  Riad

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