La France, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, franchit une nouvelle étape dans sa tension avec l’Algérie en appelant à suspendre l’accord de 2013 sur les exemptions de visa pour les passeports officiels et diplomatiques.
Dans une lettre au Premier ministre François Bayrou, publiée par « Le Figaro », Macron justifie cette décision par une « approche plus ferme » face à des « difficultés croissantes » avec Alger, accusée de ne pas répondre à ses appels à une coopération mutuelle. Ce ton, marqué par une détermination affichée, tranche avec la prudence passée, amplifiant une crise diplomatique déjà vive depuis le refus algérien d’accueillir ses ressortissants expulsables et l’incarcération en avril d’un employé consulaire.
L’escalade culmine après des incidents récents, comme le refus d’accès aux zones réservées des aéroports parisiens aux employés de l’ambassade algérienne le 24 juillet, provoquant une convocation du chargé d’affaires français par Alger. Macron, dans « Le Figaro », regrette une occasion manquée de dialogue, mais sa stratégie de fermeté renforcée par les mesures du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, risque de durcir les positions.
Cette crise reflète un basculement : l’ère où Paris dictait ses termes à Alger semble révolue, comme le soulignent des experts comme Michel Pierre, qui mettent en garde contre une inversion des réalités. Les analystes estiment que l’Algérie, ancrée dans une résilience diplomatique et forte de ses alliances (Italie, Qatar), tient désormais les cartes. Les menaces de Macron pourraient paradoxalement renforcer sa position, tandis que la France s’enlise dans des réflexes postcoloniaux. L’affrontement autour des questions historiques – un passé colonial encore sensible – alimente les passions, masquant les opportunités d’une realpolitik pragmatique. Les 40 accords signés avec l’Italie en juillet illustrent cette réorientation algérienne, laissant Paris isolé.
L’enjeu est clair : la France doit choisir entre répéter les erreurs d’un passé dominateur ou inventer une relation basée sur l’égalité. Une suspension des visas diplomatiques, si elle se concrétise, pourrait fermer des canaux de dialogue cruciaux, aggravant un contentieux déjà empoisonné. À moins d’un revirement, Macron risque de transformer un différend en rupture durable, au détriment des intérêts économiques et sécuritaires communs dans une région instable. Riad






























