Les États-Unis ont jeté un pavé dans la mare diplomatique en doublant à 50 millions de dollars la prime pour l’arrestation de Nicolas Maduro, président vénézuélien non reconnu par Washington après sa réélection contestée de 2024.
Cette annonce, portée jeudi 8 août par la ministre de la Justice Pam Bondi, s’appuie sur des accusations de trafic de drogue et de corruption, faisant de Maduro une cible prioritaire dans la lutte contre le narcotrafic. Une somme qualifiée de « historique » et même supérieure à celle offerte pour Oussama ben Laden, soulignant l’intensité de cette campagne sous l’administration Trump.
Cette décision, saluée par certains comme un signal de fermeté, divise profondément. À Caracas, le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil a dénoncé une « opération de propagande pathétique », rejetant ces allégations comme une tentative de déstabilisation. Sur les réseaux, les réactions oscillent entre soutien à une justice internationale et accusations d’ingérence, reflétant un clivage global. L’ampleur de la prime – doublant les 25 millions fixés en janvier – vise à encourager les dénonciations, mais elle soulève des questions : peut-on acheter la chute d’un dirigeant avec de l’argent, surtout dans un pays où Maduro conserve un soutien local malgré les sanctions ?
On croirait revenir aux vieux temps des westerns, où le shérif épinglait un « wanted » sur le panneau de la ville, offrant une prime alléchante pour capturer un hors-la-loi, mort ou vif. Ici, Washington joue ce rôle, placardant la tête de Maduro avec 50 millions de dollars, dans l’espoir qu’un traître ou un rival le livre. Mais comme dans ces récits poussiéreux, la réalité est plus complexe : la prime attire les regards, mais ne garantit pas la reddition, surtout face à un dirigeant soutenu par des alliés comme la Russie, la Chine et l’Iran.
Cette stratégie semble plus politique que juridique. Les États-Unis, qui refusent de reconnaître la légitimité de Maduro depuis 2018, misent sur une pression maximale, appuyée par des saisies d’actifs de 700 millions de dollars et des tonnes de cocaïne attribuées à son réseau. Pourtant, cette escalade risque de renforcer la narrative vénézuélienne d’un complot occidental, compliquant les négociations, comme l’échange récent de prisonniers. L’histoire montre que les primes massives, sans action concrète, peinent à renverser un pouvoir enraciné.
L’enjeu dépasse Caracas : une telle démarche fragilise la crédibilité diplomatique américaine si elle échoue, tout en alimentant les tensions dans une région déjà instable. Trump joue gros, mais sans une stratégie au-delà de l’intimidation, ce pari de 50 millions pourrait se transformer en fiasco, laissant Maduro plus fort et les États-Unis plus isolés. Riad






























