Mali en ébullition : ministres et généraux arrêtés

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Une onde de choc traverse le Mali, où une série d’arrestations spectaculaire secoue le paysage politique et militaire.

Selon des sources concordantes, l’ancien Premier ministre Choguel Maïga, destitué en novembre 2024, ainsi que plusieurs de ses anciens collaborateurs, sont actuellement en garde à vue depuis mardi 12 août au pôle économique et financier de Bamako. Ils sont interrogés par les enquêteurs pour des soupçons de détournements de deniers publics datant de son mandat à la primature. Parallèlement, une « vingtaine » de militaires, dont le général Abass Dembélé, une figure respectée de l’armée, ont été arrêtés, accusés de comploter pour renverser la junte au pouvoir, elle-même issue de coups d’État en 2020 et 2021.

L’arrestation de Maïga, un temps proche de la junte avant de s’en éloigner, marque une escalade dans les purges internes. Les charges, détaillées dans une enquête en cours, portent sur des malversations financières présumées durant son exercice, une affaire qui pourrait impliquer d’autres hauts responsables. Les autorités, restées discrètes sur les preuves, n’ont pas encore publié de communiqué officiel, alimentant les spéculations. Sur les réseaux sociaux, certains y voient une chasse aux sorcières pour éliminer les rivaux.

Côté militaire, l’arrestation dimanche du général Abass Dembélé, il est accusé d’avoir orchestré un coup contre le colonel Assimi Goïta, chef de la junte. Cette vague, qui inclut d’autres officiers de haut rang, intervient alors que des tensions internes couvent depuis des mois, exacerbées par les revers face aux groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Depuis 2012, le Mali lutte contre une insécurité croissante, aggravée par des violences communautaires et l’effondrement des accords de paix avec les séparatistes du nord.

La junte, au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021, semble durcir sa poigne face à ces défis. L’alliance avec les mercenaires russes d’Afrique Corps, successeurs du groupe Wagner, n’a pas suffi à stabiliser le pays, où des centaines de milliers de déplacés fuient les combats. Les arrestations pourraient signaler une purge pour consolider le contrôle de Goïta, mais elles risquent aussi d’attiser les divisions au sein d’une armée déjà fragilisée.

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