Une onde de choc traverse le monde footballistique avec l’initiative audacieuse de l’Association des techniciens italiens (AIAC). Cette dernière a appelé sa fédération, la FIGC, à interpeller l’UEFA et la FIFA pour suspendre l’entité Israélienne de toutes compétitions internationales, une demande portée par une lettre unanime adressée au président Gabriele Gravina, comme le rapporte ‘’La Gazzetta dello Sport’’. Mobilisée « en faveur du peuple palestinien », cette action, qualifiée de « nécessaire » et d’« impératif moral » par Renzo Ulivieri, président de l’AIAC, place le sport face à un dilemme éthique majeur. Alors que la Squadra Azzurra s’apprête à affronter l’entité sioniste le 8 septembre dans les éliminatoires de la Coupe du monde, ce geste interroge la responsabilité des institutions face aux crises humanitaires.
L’AIAC ne se contente pas de symboles : elle exige l’exclusion des équipes nationales et clubs israéliens des qualifications pour la Coupe du monde, l’Euro et les coupes d’Europe. Cette position, prise dans un contexte où l’équipe masculine de l’entité Israélienne partage le même groupe que l’Italie, promet une atmosphère explosive lors du match à venir. Ulivieri a martelé que « les valeurs d’humanité, sous-tendant celles du sport, nous obligent à nous opposer aux actes d’oppression aux conséquences terribles », refusant de « détourner le regard » face à la situation à Gaza. Cette prise de position reflète une prise de conscience croissante parmi les acteurs du football, dépassant les terrains pour s’engager dans un débat géopolitique.
Le timing est révélateur. Depuis des mois, les tensions autour du conflit israélo-palestinien s’intensifient, avec des accusations de « génocide » portées par des ONG et des appels répétés à sanctionner l’entité Israélienne, notamment après la mort de dizaines de milliers de Palestiniens. L’AIAC s’inscrit dans cette mouvance, rejoignant des voix comme celles de l’Association des footballeurs allemands, qui ont aussi critiqué l’impunité israélienne.
Les implications sont lourdes. Une suspension de l’entité Israélienne, si elle était adoptée, s’inspirerait du précédent russe après l’invasion de l’Ukraine en 2022. La FIFA et l’UEFA, souvent critiquées pour leur prudence, pourraient hésiter face aux pressions diplomatiques, notamment des États-Unis, allié indéfectible de l’entité Israélienne. Pourtant, l’AIAC insiste : le sport ne peut ignorer les drames humanitaires. Le match du 8 septembre, déjà marqué par des précédents tendus comme celui d’Udine en 2024 avec ses snipers et protestations, risque de devenir un symbole de cette lutte, entre solidarité et affrontement.
Cet appel italien est un test pour le football. S’il échoue à infléchir les instances, il aura au moins ravivé un débat essentiel : le sport peut-il rester un sanctuaire apolitique face à des crises qui tuent ? L’AIAC, en osant briser ce silence, rappelle que les stades, comme les consciences, ne peuvent rester sourds aux cris de Gaza. La balle est désormais dans le camp de la FIFA et de l’UEFA : agir ou se rendre complices d’une indifférence coupable.
Riad






























