Maroc : l’inceste brise le silence

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La commune de Menzah, près d’Aïn Aouda au Maroc est devenue le théâtre d’une tragédie qui secoue les consciences : l’arrestation d’un père et de sa fille, accusés d’inceste et de débauche, révélant un drame familial aux proportions effroyables.

Selon les informations, la jeune femme aurait donné naissance à six enfants, dont deux issus d’une relation illégale avec son père, un aveu arraché après une plainte déposée par l’une de ces filles, aujourd’hui âgée de 20 ans. Transmis au juge d’instruction de la Cour d’appel de Rabat, ce dossier, où des analyses génétiques sont en cours, expose une faille sociale et institutionnelle qui exige une réflexion profonde. Ce cri d’alarme, né dans le silence d’une famille isolée, résonne comme un appel à protéger les plus vulnérables.

Cette affaire, éclipsée par les difficultés administratives de la plaignante à obtenir des documents officiels, met en lumière une double tragédie. D’un côté, l’horreur d’un inceste reconnu par les suspects eux-mêmes, où deux enfants portent la marque d’un tabou brisé. De l’autre, la complicité passive d’un système qui n’a pas su détecter ou empêcher ces abus, laissant une jeune femme et sa fratrie dans l’ombre pendant des années. Les aveux partiels – deux enfants issus de l’inceste, les autres de relations illégales – compliquent l’enquête, mais soulignent une chaîne de violences que la société marocaine doit affronter sans détour.

Les réseaux sociaux s’enflamment, oscillant entre indignation – « Une honte nationale ! » – et compassion – « Protégeons ces enfants ». À Aïn Aouda, une ville rurale où les traditions pèsent lourd, ce scandale ravive les débats sur l’isolement familial et l’accès limité aux services sociaux. Des psychologues alertent sur les traumatismes durables des enfants, nés dans un tel chaos, et appellent à une prise en charge urgente. Cette affaire révèle aussi une fracture institutionnelle : comment une plainte, mue par un besoin administratif, a-t-elle pu rester lettre morte si longtemps ? Cette question interpelle les autorités sur leur rôle de prévention.

Les conséquences dépassent le cadre judiciaire. Si les analyses génétiques confirment les faits, ce dossier pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les violences intrafamiliales au Maroc, un pays où ces crimes restent souvent tabous. Il impose une réforme des services administratifs et une sensibilisation accrue, notamment dans les zones rurales où l’accès à l’aide est rare. Alors que l’aube approche sur Rabat, cette tragédie n’est pas qu’une affaire isolée : elle est un miroir des silences sociétaux que le Maroc doit briser pour protéger sa jeunesse et restaurer la dignité de ses familles. Riad

 

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