Selon une enquête du ‘’Washington Post’’ publiée dimanche 31 août, les États-Unis élaborent un projet audacieux et polémique pour l’après-guerre à Gaza, prévoyant le déplacement de l’ensemble de ses deux millions d’habitants.
Ce plan de 38 pages envisage de placer la bande de Gaza sous administration américaine pendant une décennie, la transformant en un hub touristique et technologique, suscitant une vague d’indignation internationale. Alors que les tensions persistent, ce projet soulève des questions éthiques et géopolitiques majeures.
Intitulé Gaza Reconstitution, « Economic Acceleration and Transformation Trust (GREAT Trust) », le plan propose un déplacement « volontaire » des résidents vers d’autres pays ou vers des zones sécurisées à l’intérieur du territoire ravagé par près de deux ans de conflit, le temps de sa reconstruction. En échange, les partants recevraient 5 000 dollars en espèces, quatre ans de loyer et un an de nourriture, tandis que les propriétaires terriens obtiendraient des « jetons numériques » échangeables contre des appartements dans six à huit futures « villes intelligentes » alimentées par l’intelligence artificielle. Des investissements publics et privés financeraient des usines de voitures électriques, des centres de données et des hôtels, promettant une métamorphose radicale.
Ce projet, élaboré en partie par des membres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une entité privée soutenue par l’entité israélienne et les États-Unis critiquée pour des incidents mortels lors de distributions d’aide, s’inscrit dans la continuité des déclarations de Donald Trump. En février, le président avait évoqué une prise de contrôle de Gaza pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient », vidée de ses habitants et relocalisés potentiellement en Égypte ou en Jordanie. Cependant, cette vision, a été unanimement rejetée par les pays arabes et la plupart des nations occidentales. L’ONU a d’ores et déjà averti que de telles mesures pourraient constituer un « nettoyage ethnique », une accusation qui pèse lourdement sur les intentions américaines.
Ce projet, loin de calmer les eaux, risque d’exacerber les divisions régionales, alors que la GHF fait face à des accusations croissantes, notamment après la condamnation par l’ONU, le 28 août, des « disparitions forcées » dans ses sites. À l’heure où Gaza ploie sous les cicatrices de la guerre, ce plan américain trace une ligne rouge que le monde observe avec appréhension.

































