Une fissure spectaculaire ébranle le Makhzen marocain, révélée par une fuite massive.
Les données personnelles de Mohamed Raji, présenté comme le numéro deux de la DGST ont été exposées en ligne : identité, relevés bancaires, un salaire mensuel de 2 378 €, des propriétés industrielles à Béni Mellal estimées à 2,86 M€, et des indices de commissions liées à des achats d’outils d’espionnage. Cette « épée dans le cœur » de l’appareil sécuritaire marque un revers cinglant. Alors que la presse marocaine reste muette, l’écho international grandit, exposant une stratégie qui se retourne contre son propre instigateur.
L’affaire Raji, amplifiée par l’usage du logiciel Pegasus de NSO Group – inscrit sur la « Entity List » américaine depuis 2021 –, révèle les failles d’un dispositif où l’espionnage high-tech s’est mué en arme à double tranchant. Ce logiciel, ayant ciblé des figures comme Pedro Sánchez en Espagne, s’est retourné contre son utilisateur marocain, exposant Raji et, par ricochet, l’ensemble de la DGST. Ce précédent s’ajoute au scandale Mehdi Hijaouy, ex-cadre du DGED en exil, et aux 38 défections de cadres policiers, signes d’une fracture interne. L’appareil sécuritaire, jadis impénétrable, apparaît fragilisé, ses réseaux HUMINT et SIGINT potentiellement compromis.
Cette polarisation reflète une vérité crue : l’opacité des achats d’espionnage, souvent opérés via des intermédiaires étrangers, a ouvert la porte à des captations de rente, comme les commissions évoquées. Avec un score de 37/100 au CPI 2024 (99e/180), le Maroc reste vulnérable à la corruption dans ses marchés sécuritaires, un secteur échappant au contrôle public sous couvert de secret-défense. Ignacio Cembrero, journaliste intrépide de « El Confidencial », a su braver les pressions judiciaires marocaines pour documenter cette affaire, rappelant que la vérité ne se négocie pas.
Ce boomerang technologique expose une dépendance alarmante : en s’appuyant sur Pegasus et des partenaires comme Israël, le Makhzen a sacrifié sa souveraineté numérique. Les métadonnées, les mises à jour, le code – tout échappe à Rabat, transformant les services marocains en sous-traitants d’intérêts étrangers, potentiellement du Mossad. Cette perte de contrôle menace les plans militaires et diplomatiques, rendant l’appareil vulnérable à une surveillance ennemie. Le silence médiatique local, classant le Maroc 120e/180 au classement RSF 2025, étouffe le débat, mais l’Europe, via le Parlement, appelle déjà à des garde-fous contre les spywares.
Cette affaire Raji n’est pas un incident isolé , elle signe l’effondrement d’une stratégie d’espionnage qui a troqué l’autonomie pour une illusion de puissance. Avec ses données exposées, ses réseaux infiltrés, et sa crédibilité diplomatique érodée, le Maroc risque une spirale fatale – perte de souveraineté, fragilité militaire, affaiblissement stratégique. Riad






























