APN : La session des comptes…et des comptes à rendre

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Le Parlement algérien a repris, ce lundi, sa « dernière session de la législature ». Une rentrée politique sous haute tension, à la fois symbolique et décisive, marquée par l’examen du projet de loi de finances 2026, le traitement de textes reportés, et une fébrilité palpable à l’approche des élections législatives.

À quelques mois du verdict des urnes, les députés jouent leur crédibilité. « Entre responsabilité constitutionnelle et stratégie électorale », cette session s’annonce comme un test grandeur nature de la maturité politique de l’Assemblée populaire nationale.

Le projet de loi de finances 2026, attendu comme la pièce centrale de cette session, se veut « social et sans nouvelles taxes ». Un signal clair à l’électorat, l’accent est mis sur le pouvoir d’achat, dans une tentative de satisfaire la situation sociale .Mais derrière les chiffres budgétaires, les jeux politiques battent leur plein. La pression est forte sur les députés : il leur faut prouver leur efficacité, éviter les blocages partisans, et surtout montrer qu’ils méritent un nouveau mandat.

Partis affaiblis, ambitions débridées : Sur l’échiquier parlementaire, la configuration reste instable. Le FLN, miné par des luttes intestines, tente de sauver les apparences. Son secrétaire général, Mehdi Ben M’Barek, peine à imposer une discipline de parti. Le RND, quant à lui, profite des faiblesses du FLN pour avancer ses pions, espérant peser davantage dans les négociations.

Les partis islamistes jouent une partition plus nuancée, El-Bina, proche du pouvoir, reste en mode consultatif. Le MSP, fidèle à son rôle d’opposant, critique sans pour autant bousculer l’ordre établi. Quant aux députés indépendants, leur liberté de ton ne compense pas leur manque de cohésion, car ils pèsent peu face aux projets gouvernementaux faute de ligne commune.

En toile de fond, la campagne électorale est déjà lancée. Chaque intervention, chaque vote, est soigneusement calibré pour envoyer un signal aux électeurs. Les enjeux sont doubles : marquer des points médiatiques tout en évitant les faux pas législatifs.

Cette session pourrait être celle de la « réconciliation entre le citoyen et son Parlement », à condition que les députés privilégient l’intérêt général sur les calculs partisans. Faute de quoi, elle risque de tourner à la foire d’empoigne politicienne. Comme le résument certains analystes : « Le Parlement algérien est à la croisée des chemins : incarner une démocratie vivante ou rester une chambre d’enregistrement. »       Riad

 

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