Maroc : Arrestations en série, la tension monte

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 Le Maroc traverse une période de turbulence judiciaire et sécuritaire, marquée par une vague d’arrestations et de poursuites qui soulève des interrogations sur la gouvernance du royaume.

Depuis le début de l’année 2025, les autorités ont multiplié les opérations contre des militants, des opposants et des suspects de corruption, avec des chiffres alarmants : plus de 100 arrestations lors d’un vaste coup de filet antiterroriste en septembre, et des dizaines d’interpellations lors de manifestations du mouvement GenZ212 contre la réforme éducative et les services publics défaillants.

Le coup de filet du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) en septembre a ciblé 100 personnes soupçonnées de liens avec des réseaux terroristes. Cependant, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) dénonce des « arrestations arbitraires » et des « atteintes à la dignité », notant que plusieurs jeunes ont été détenus sans charges claires. Ce mouvement GenZ212, qui a mobilisé des milliers de jeunes dans une dizaine de villes en septembre, a vu ses manifestations dispersées par la force, entraînant des dizaines d’interpellations.

À Casablanca et Rabat, les forces de l’ordre ont utilisé gaz lacrymogènes et matraques, provoquant une indignation partagée par la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et la Ligue marocaine des droits de l’homme.

La corruption n’est pas en reste : en juin, le Parti de la justice et du développement (PJD) a exigé des comptes sur des arrestations de fonctionnaires à Rabat, impliqués dans un scandale de « fonctionnaires fantômes ». Ces affaires, couplées à des poursuites pour relations sexuelles hors mariage, touchent particulièrement les femmes, comme le dénonce l’ONG MRA, qui recense un nombre alarmant de cas utilisés comme outil de chantage.

Cette multiplication des arrestations, dans un contexte de contestations sociales sur la santé, l’éducation et la corruption, fait craindre une dérive autoritaire. Le gouvernement, face à une jeunesse en colère, répond par la répression plutôt que par le dialogue, risquant d’alimenter un cycle de violence.

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