En 2025, plus de cent mille enfants marocains âgés de 7 à 17 ans travaillent, dont 62 000 dans des conditions dangereuses.
Une tragédie qui dure depuis 2017 masque mal une réalité brutale : l’exploitation économique des mineurs persiste, nourrie par la pauvreté, l’exode rural et un système éducatif défaillant. Derrière les chiffres, un drame social qui hypothèque l’avenir d’une génération.
Le Maroc enregistre une baisse significative du travail des enfants depuis 2017, passant de 247 000 à plus de 101 000 cas en 2024. Cette tendance, saluée par les officiels, mais, le chiffre reste alarmant : 2 % des enfants de 7 à 17 ans sont économiquement actifs, une proportion qui grimpe à 2,5 % en milieu rural (78 000 enfants contre 23 000 en ville) .
« il reste beaucoup à faire », souligne le HCP dans son rapport 2025. Un constat qui résume l’ambiguïté marocaine : des avancées, mais insuffisantes face à l’ampleur des défis.
Le portrait-robot d’une enfance volée, des garçons ruraux déscolarisés, « 89 % ont entre 15 et 17 ans, qui vivent en zone rurale ont quitté l’école. »
L’agriculture absorbe 70 % des enfants ruraux, tandis que les services et l’industrie dominent en ville.
« 62 000 enfants travaillent dans les mines et sont exposés à des activités périlleusestandis que d’autres travaillent sur des chantiers non sécurisés. Même l’agriculture, perçue comme douce, expose les enfants à des dangers mortels », dénonce un rapport.
L’école, grande absente : Le taux net de scolarisation chute à 49 % au lycée, avec un écart rural/urbain illimité. 87 % des enfants travailleurs ont quitté l’école. Ce n’est pas un job d’été, mais un mécanisme d’exclusion sociale ».
Malgré les discours, les politiques peinent à enrayer le fléau : Aucune loi coercitive ne cible spécifiquement les employeurs d’enfants dans l’agriculture informelle. Les programmes de protection sociale restent fragmentés et sous-financés. La surveillance des chantiers et usines est insuffisante: « L’État social est un simple slogan ».
Comme l’écrit un expert : « Le développement ne se mesure pas au PIB, mais à la façon dont une société traite ses enfants ». Le Maroc de 2030 doit choisir entre une jeunesse sacrifiée et une génération éduquée, protectrice de son propre avenir. Riad






























