Quand Trump fait du Pakistan son cow-boy !

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En politique étrangère, Donald Trump n’a jamais fait dans la dentelle. Mais le dernier épisode en date, s’il n’était pas aussi grave, prêterait presque à rire.

Le président américain – toujours persuadé qu’il dirige un épisode de ‘’The Apprentice’’ version géopolitique – aurait sommé le Pakistan de « s’occuper » des talibans, comme on enverrait un cow-boy après un troupeau récalcitrant.

Pourquoi ? Parce que les talibans ont refusé de lui rétrocéder la base aérienne de Bagram, cet ancien bastion militaire américain en Afghanistan, aujourd’hui tombé entre les mains des islamistes depuis le retrait chaotique de 2021.

Dans un monde parallèle (celui que Trump semble habiter en permanence), le Pakistan est un exécutant docile, une marionnette prête à obéir au doigt et à l’œil du cow-boy en chef. Mais dans la réalité ? L’exigence a fait lever plus d’un sourcil, y compris à Islamabad, peu habituée à recevoir des ordres aussi cavaliers… et maladroits.

Car l’histoire de la relation entre le Pakistan, les talibans et les États-Unis est tout sauf simple. Islamabad a longtemps joué un double jeu, tout en encaissant les dollars américains. Quant à Trump, il semble avoir oublié que son propre mandat a été marqué par des négociations directes avec les talibans à Doha, qu’il qualifiait de « très constructives », avant de leur tendre la main en vue d’un retrait rapide des troupes. On devine qu’il espérait un joli ruban rouge autour de Bagram, comme un lot de consolation diplomatique.

Mais voilà : les talibans ne jouent plus le jeu, et Trump, vexé, réagit comme un enfant à qui on refuse son jouet préféré. Alors il se tourne vers le Pakistan, espérant que ce dernier aboiera et mordra à sa place. En bon chien de garde, pensez-vous. Mais même les chiens de berger ont de la mémoire… et une certaine fierté nationale.

Ce nouvel épisode nous rappelle à quel point la diplomatie façon Trump repose plus sur l’instinct et le spectacle que sur la stratégie et la cohérence. Demain, peut-être, demandera-t-il à la Turquie de reconquérir Constantinople pour satisfaire son goût du « grand retour ». Ou au Mexique de lui construire un mur, mais cette fois de l’autre côté.

Reste à espérer que les dirigeants pakistanais sauront répondre avec le calme et le discernement qui manquent parfois de l’autre côté de l’Atlantique. Et que le reste du monde continuera de regarder ces sorties avec le recul nécessaire : celui que l’on adopte face à une mauvaise blague, qui dure un peu trop longtemps.   Charef Slamani

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