Sarkozy, détenu VIP

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L’ancien président français Nicolas Sarkozy, condamné dans l’affaire dite des « les écoutes judiciaires » décidées dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, a entamé l’exécution de sa peine dans des conditions très particulières.

Si la justice a confirmé sa condamnation, c’est dans une cellule aux allures d’« appartement sécurisé » qu’il purge sa peine, loin de la réalité carcérale ordinaire des milliers de détenus français.

C’est à la prison de la Santé, à Paris, que Nicolas Sarkozy a été incarcéré, selon des sources concordantes. Toutefois, il ne partage pas le quotidien des autres détenus. L’ancien chef de l’État bénéficie d’une cellule individuelle, équipée d’un petit téléviseur, d’un réfrigérateur, d’un coin toilette avec douche privative et d’un espace pour lire et écrire.

Ces aménagements, prévus par le Code pénitentiaire pour les personnalités ayant exercé des fonctions d’État, visent officiellement à « garantir la sécurité et la dignité » du détenu. En réalité, ils traduisent surtout une justice à deux vitesses qui choque une partie de l’opinion publique.

Les autorités pénitentiaires justifient ce traitement par la nécessité d’éviter tout risque d’agression ou de tension avec d’autres détenus. « Il s’agit d’un détenu à profil particulier », souligne une source proche de l’administration pénitentiaire.

Mais pour les syndicats de surveillants, ces précautions masquent un privilège injustifié : « Beaucoup de prisonniers vulnérables vivent dans des conditions bien pires. Pourquoi une différence de traitement pour un ancien président ? », S’indigne un responsable du syndicat FO-Pénitentiaire.

Malgré la symbolique forte de l’incarcération d’un ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy conserve le soutien d’une partie de la droite française. Certains de ses proches estiment qu’il « paie pour l’exemple » et que son passage en détention n’effacera pas son héritage politique.

Pour d’autres, c’est la preuve que la justice française peut atteindre les plus puissants — même si les conditions d’incarcération rappellent que le statut social reste un passe-droit, même derrière les barreaux.

La France aime rappeler que « nul n’est au-dessus de la loi ». Mais l’affaire Sarkozy illustre un paradoxe profond : quand les puissants tombent, ils ne tombent jamais tout à fait comme les autres. Entre cellule confortable et régime aménagé, la prison reste pour eux une parenthèse dorée plus qu’une véritable épreuve carcérale.    Riad

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