La justice reprend le glaive: la peine de mort refait surface

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Un tournant majeur s’annonce dans la politique pénale du pays. Après plusieurs décennies de gel, « la peine de mort » refait surface dans le débat judiciaire algérien.

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaâ, a confirmé, jeudi 6 novembre, devant les députés de l’Assemblée populaire nationale, que l’application de la peine capitale est désormais envisagée pour les crimes d’une gravité extrême, notamment ceux commis dans des milieux sensibles comme les établissements hospitaliers et scolaires.

Cette annonce confirme le virage déjà amorcé en octobre par le président de la Cour de Béjaïa, Mustapha Smati, qui avait évoqué un durcissement sans précédent de l’arsenal pénal. Le ministre a précisé que ce renforcement des sanctions s’inscrit dans une politique globale de protection de la société et de lutte implacable contre les formes les plus violentes de criminalité.

Selon Lotfi Boudjemaâ, le président Abdelmadjid Tebboune accorde une « importance majeure » à la primauté de la loi et au suivi strict des affaires touchant à la sécurité des citoyens et à la stabilité des institutions publiques. Une orientation qui, selon lui, vise à rétablir la confiance dans la justice et à envoyer un signal fort aux délinquants.

Abordant le dossier de la lutte contre les stupéfiants, le ministre a affirmé que l’État ne transigera jamais avec les barons de la drogue. Il a indiqué que de nombreux réseaux criminels ont été démantelés ces derniers mois, soulignant que les peines peuvent désormais atteindre jusqu’à 30 ans de réclusion.

Toutefois, Boudjemaâ a tenu à distinguer entre les trafiquants et les consommateurs dépendants, pour lesquels la politique pénale privilégiera le traitement médico-social à la répression pure. « Il ne s’agit pas d’écraser les victimes de l’addiction, mais de frapper durement ceux qui profitent de leur faiblesse », a-t-il insisté.

Cette position officielle marque un tournant majeur dans la politique judiciaire nationale, où la notion de dissuasion pénale semble désormais primer sur celle de réhabilitation.

 

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