Mali : les djihadistes exécutent une influenceuse

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La tragédie a glacé le Mali et bien au-delà. Mariam Cissé, jeune influenceuse malienne connue pour ses vidéos pleines de bonne humeur et de messages positifs, a été exécutée publiquement à Tonka, dans la région de Tombouctou, par des hommes armés soupçonnés d’appartenir à un groupe djihadiste.

L’annonce de sa mort, survenue ce week-end, a provoqué une onde de choc dans tout le pays et sur les réseaux sociaux, où ses 90 000 abonnés peinent à croire à une telle barbarie.

Mariam Cissé incarnait une nouvelle génération de jeunes Africains, connectés, audacieux et porteurs d’un message d’émancipation dans un Mali fragilisé par la peur et l’extrémisme. À travers ses vidéos, elle parlait de la vie quotidienne, de la culture, du respect et de la tolérance. Son ton léger et son sourire contagieux faisaient d’elle une figure populaire, notamment auprès des jeunes femmes rurales qui voyaient en elle un modèle de liberté.

Son exécution en public, dans une localité sous influence djihadiste, est un acte symbolique : celui d’une volonté d’étouffer toute expression libre, surtout lorsqu’elle émane d’une femme. Dans le nord du Mali, les groupes armés imposent depuis plusieurs années leur interprétation rigoriste de la charia, interdisant musique, danse, et toute forme d’expression jugée « occidentale ».

Le meurtre de Mariam Cissé met en lumière l’insécurité persistante dans le nord du pays, malgré les promesses de restauration de l’ordre par les autorités de transition et le retrait des forces onusiennes. Les zones rurales, livrées à elles-mêmes, sont devenues des sanctuaires pour les groupes terroristes qui imposent leur loi, dans l’indifférence quasi générale de la communauté internationale.

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