Banques : la chasse aux comptes suspects

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Face à l’explosion mondiale des actifs virtuels et à l’ingéniosité croissante des réseaux criminels, la Banque d’Algérie vient de resserrer la vis. Et pour une fois, la réaction semble à la hauteur du danger.

L’instruction adressée aux banques et aux services postaux n’est pas une simple mise à jour technique : c’est un signal clair que l’État refuse de laisser s’ouvrir une nouvelle brèche dans son système financier.

Le recours à des enquêtes élargies, incluant désormais les plateformes numériques et même les réseaux sociaux, traduit une prise de conscience : la criminalité financière ne se contente plus des circuits classiques. Elle mute, se dissimule, exploite les failles du numérique, et détourne les actifs virtuels pour blanchir l’argent sale, financer des groupes terroristes ou dissimuler des transferts clandestins.

La Banque d’Algérie identifie 14 indices suspects, dont certains exigent un signalement immédiat. Cela montre l’ampleur du phénomène. Virements répétitifs, comptes inactifs soudain réanimés, opérations multiples vers une même plateforme, incohérences entre revenus déclarés et mouvements financiers… Autant de signaux faibles qui, cumulés, dessinent des schémas inquiétants.

Ce durcissement est non seulement nécessaire, mais vital. Car pendant que l’économie nationale tente de se diversifier, les réseaux illicites, eux, n’attendent pas. Ils infiltrent les flux financiers, corrompent les circuits officiels et siphonnent discrètement des milliards hors du pays.

Reste un défi majeur : la formation et l’équipement des banques. Car sans compétences solides, sans outils numériques modernes, les meilleures directives resteront lettre morte. La lutte contre les actifs virtuels illicites n’est pas un combat administratif ; c’est une bataille technologique, juridique et humaine. Une bataille que l’Algérie ne peut se permettre de perdre.     Par Belkacem 

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