L’Algérie veut accélérer la modernisation de son appareil productif et voit dans l’industrie allemande un partenaire stratégique pour franchir un cap décisif. À cet effet, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a invité les entreprises germaniques à investir plus directement dans les capitaux des usines et centres industriels algériens, dans un objectif de bâtir un partenariat solide fondé sur le transfert technologique et l’expertise reconnue de l’industrie allemande.
Cette proposition a été formulée lors d’une rencontre jeudi à Alger, avec le secrétaire d’État au ministère de l’Économie, du Développement régional et de l’Énergie du land de Bavière, lors de laquelle le ministre a mis en avant un climat d’investissement qu’il qualifie de positif et attractif, alimenté par les réformes récentes et la volonté affichée du gouvernement de renforcer la présence de capitaux étrangers dans les filières industrielles nationales. Yahia Bachir a insisté sur la nécessité de moderniser les entreprises publiques et privées, y compris celles déjà créées en partenariat avec des acteurs allemands. Selon lui, un accompagnement technologique et cognitif est indispensable pour améliorer la compétitivité du tissu industriel local. Les entreprises allemandes sont ainsi appelées à jouer un rôle plus profond que la simple fourniture d’équipements. Une industrie allemande rodée et reconnue L’intérêt pour la coopération avec l’Allemagne n’est pas fortuit. Le pays dispose d’une industrie puissante et structurée qui contribue à hauteur de 26,6% à sa valeur ajoutée brute. Un poids nettement supérieur à celui de la France ou des États-Unis. Troisième exportateur mondial, l’Allemagne s’appuie sur un appareil industriel estimé à 1224 milliards d’euros en 2022, couvrant des secteurs phares comme l’automobile, la mécanique, la pharmacie, l’électrotechnique et l’agroalimentaire. Rien qu’en 2022, son industrie automobile s’est classée cinquième au monde, générant plus de 509 milliards d’euros de chiffre d’affaires et affichant une croissance de 7,3% en 2023. La force de l’économie allemande repose aussi sur ses PME. Elles représentent plus de 99% de son tissu d’entreprises, produisent plus de la moitié de la valeur ajoutée nationale et restent fortement tournées vers l’export. Une entreprise allemande sur deux possède des activités à l’étranger. Les très petites entreprises, elles, tirent en moyenne plus de 20% de leurs revenus hors du territoire allemand. Un profil idéal pour des projets de colocalisation. Côté algérien, les arguments ne manquent pas. La nouvelle loi sur l’investissement, les facilités liées à l’accès au foncier économique et un marché énergétique compétitif constituent, selon le ministère, des atouts majeurs. A cela s’ajoutent une main-d’œuvre jeune, un réseau routier étendu et une infrastructure logistique en amélioration constante. L’Algérie met aussi en avant sa position stratégique comme point de jonction méditerranéen et porte d’accès vers le marché africain, un avantage renforcé par son engagement dans la Zlecaf et son accord d’association avec l’Union européenne.






























