Relizane : 26 milliards de cts ‘’disparus’’ dans un projet fantôme

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La Cour d’appel de Blida a tranché dans l’un des dossiers financiers les plus retentissants de ces dernières années.

Dans l’affaire du détournement de fonds publics au sein d’une agence de la Banque nationale algérienne (BNA), les magistrats ont prononcé des peines allant de trois à treize ans de prison ferme, tout en acquittant une seule des dix-sept personnes poursuivies, parmi lesquelles figuraient employés bancaires, promoteurs et investisseurs.

L’affaire débute en 2022, lorsque la BNA découvre des anomalies dans l’octroi d’un prêt colossal de plus de « 66 milliards de centimes » destiné à financer un projet industriel dans la wilaya de Relizane. Le montage financier prévoyait un financement bancaire de 55 % et une contribution propre de 45 % à la charge des promoteurs.

Mais très vite, les responsables de la banque réalisent qu’ils ont été victimes d’un stratagème frauduleux : les promoteurs avaient obtenu plus de « 26 milliards de centimes », montant aujourd’hui au cœur des poursuites, sans jamais honorer leurs engagements contractuels.

Selon les clauses du contrat, les investisseurs étaient tenus de fournir des machines et équipements industriels en garantie du prêt. Or, aucune livraison, aucun justificatif, aucune preuve tangible. Alertée, la direction de la BNA dépêche un expert sur le site du projet à Relizane. La surprise est totale : un « chantier fantôme », réduit à un terrain clôturé de tôles en zinc et une bâtisse inachevée, sans personnel, sans matériel, sans activité industrielle. Rien qui puisse justifier des dizaines de milliards débloqués.

Face à ce constat accablant, la banque dépose immédiatement plainte. La brigade de lutte contre les crimes économiques et financiers de la police judiciaire de Blida se saisit du dossier. L’enquête, complexe et minutieuse, met à jour un réseau d’irrégularités et de malversations : blanchiment d’argent, détournement de fonds publics, falsification de documents bancaires, abus de pouvoir et collusions internes.

Selon l’enquête, une partie substantielle des fonds aurait été redirigée vers des circuits totalement étrangers au projet initial, alimentant des soupçons de complicités internes et de manipulation à plusieurs niveaux.

Lors du procès, le représentant du ministère public avait requis des peines exemplaires, de 5 à 15 ans de prison ferme, invoquant la gravité des faits, l’atteinte à l’intérêt national et le discrédit porté sur le système bancaire.

Le verdict de la cour d’appel de Blida acte désormais la chute d’un réseau qui a tenté de faire passer un chantier fictif pour un projet industriel, au prix de la dilapidation de millions de dinars d’argent public.

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