AFFAIRE DU GROUPE “IMETAL” : Le parquet requiert jusqu’à 15 ans de prison

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Le parquet près le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a requis des peines sévères à l’encontre des prévenus poursuivis dans l’affaire de corruption touchant le groupe public des industries métallurgiques et sidérurgiques « IMETAL » ainsi que plusieurs de ses filiales. Les peines demandées vont jusqu’à 15 ans de prison ferme, accompagnées de la confiscation de l’ensemble des biens saisis.

Le procureur a notamment requis une peine de 10 ans de prison ferme pour le principal prévenu, le président-directeur général du groupe Sider, M. Lakhdar A., ainsi que 8 ans de prison ferme et une amende de 4 millions de dinars algériens pour le directeur général adjoint de l’administration du complexe sidérurgique d’El Hadjar, M. Mohamed Cherif A. D’autres cadres impliqués font face à des peines allant de 5 à 6 ans de prison ferme, accompagnées de lourdes amendes. Parmi eux, M. A. Aarrab, directeur d’exploitation à l’Entreprise nationale de récupération, et plusieurs responsables dont les initiales sont F. K., Q. F., B. Chaib, B. Khaled, B. Sadek et W. K., sont poursuivis pour détournement de fonds et atteinte aux deniers publics. Pour les prévenus en fuite, le parquet a requis les sanctions les plus sévères : 15 ans de prison ferme pour le président-directeur général de l’Entreprise nationale de récupération, M. Anis Belarbi, et 10 ans pour M. Ahmed Amin Chagraoui. Les peines requises pour les autres accusés varient entre 3 et 6 ans de prison. Par ailleurs, les sociétés impliquées dans l’affaire sont également visées par des amendes allant de 5 à 32 millions de dinars. Dans ses plaidoiries, le procureur a salué le bon déroulement de la procédure judiciaire et a rendu hommage au défunt président-directeur général d’IMETAL, M. Tarik Bouslama, rappelant qu’il ne pouvait être considéré comme accusé en raison de son décès. « Ce procès, qui a permis de révéler en trois jours de débats les détails cachés de cette affaire, démontre à quel point certaines institutions, pourtant majeures dans le secteur industriel national, ont été exploitées par des responsables agissant pour leurs intérêts personnels, au détriment de l’économie nationale », a déclaré le représentant du ministère public. Le procureur a ensuite détaillé les manquements constatés : octroi d’avantages injustifiés, détournements de fonds publics, voyages et réservations d’hôtels non justifiés, concessions immobilières contraires à la réglementation, ainsi qu’un système de recrutement basé sur le népotisme et le favoritisme. « Toutes ces pratiques ont conduit à la dilapidation des deniers publics et au blocage du développement économique », a-t-il insisté. Cette affaire, considérée comme l’une des plus importantes dans le domaine de la corruption industrielle en Algérie, pourrait aboutir à des condamnations exemplaires, reflétant la volonté de l’État de lutter contre la mauvaise gestion des entreprises publiques et la corruption au sein des institutions clés.

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