Maroc : le pain, miroir d’un régime en crise !

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Au Maroc, le pain à 1,20 dirham n’était plus depuis longtemps qu’une illusion. Mais aujourd’hui, cette illusion se fissure au grand jour, exposant un système incapable d’assurer le minimum vital à son peuple. Le prix symbolique du pain, brandi depuis des années comme gage de « stabilité sociale », n’était en réalité qu’une façade fragile posée devant un secteur en crise.

Les boulangers, étouffés par la hausse des charges et la rareté du blé, vivent au quotidien l’effondrement d’un système qui prétend les soutenir. Derrière la communication officielle et les promesses gouvernementales, une question brûlante s’impose : où vont réellement les centaines de millions de dirhams de subventions destinées à maintenir le prix du pain ?

Car c’est là tout le scandale. La subvention de la farine constitue un véritable trou noir de la gestion publique. L’argent circule, mais n’atteint pas ses bénéficiaires. Il se perd dans des circuits opaques, absorbé par des réseaux qui prospèrent grâce à cette opacité. Le gouvernement récite sa propagande, les minoteries assurent « la transparence », et les boulangers dénoncent un système détourné. Mais personne ne prend ses responsabilités.

Ce dysfonctionnement n’est pas nouveau. Institutions verrouillées, absence de transparence, élite économique protégée, mécanismes de reddition de comptes inexistants… Le régime a entretenu l’illusion du pain abordable pour masquer ses failles. Et pendant ce temps, le secteur informel ateliers clandestins, pain sans contrôle sanitaire, concurrence déloyale prospère, mettant en danger la santé des citoyens et fragilisant les artisans honnêtes.

Aujourd’hui, la façade s’effrite. Le pain, cet aliment symbolique et vital, devient un révélateur. L’illusion ne tient plus. Le système de subventions est à bout de souffle, l’opacité ne suffit plus à masquer les détournements, et la population voit les artisans sacrifiés au nom des apparences.

Toucher au pain au Maroc, c’est toucher à la stabilité. Une population qui peine à se nourrir devient une population vulnérable à la colère et à la contestation. Le régime le sait, et c’est précisément pourquoi il a entretenu le mensonge. Mais la vérité finit toujours par remonter.

Le Maroc s’approche d’une crise sociale majeure, non à cause des boulangers, mais à cause d’un système qui privilégie les illusions au détriment de la survie de ses citoyens. Le pain à 1,20 dirham révèle un système à bout de souffle, incapable de garantir l’essentiel. Et cette fois, les conséquences politiques pourraient être irréversibles. Amina L.

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