Alger mise sur un monorail high-tech pour révolutionner ses transports

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Dans le cadre d’une ambitieuse stratégie de modernisation, Alger s’apprête à lancer un projet phare destiné à transformer son paysage urbain : un monorail automatique de 67 km, conçu pour rivaliser avec les infrastructures des métropoles mondiales comme Singapour ou Tokyo.

Ce projet s’inscrit dans une vision plus large visant à faire du secteur des transports un levier clé de développement économique et écologique, aligné sur les objectifs de durabilité de l’agenda 2030. Avec un tracé connectant l’est, l’ouest et le sud de la capitale, le monorail d’Alger promet de résorber l’étouffant problème des embouteillages, qui coûterait près de 3 milliards de dollars annuels en pertes de productivité selon une étude locale. Les rames, entièrement automatisées et climatisées, circuleront sur une voie aérienne en béton culminant à 15 mètres de hauteur, évitant ainsi les intersections routières. Chaque rame sera équipée de portes palières sécurisées, de Wi-Fi haute vitesse et d’un système de navigation en temps réel, offrant un confort comparable à celui des projets-pilotes en Chine ou aux Émirats arabes unis.

Le groupe chinois CSCES, spécialiste des mégaprojets ferroviaires (à l’origine du monorail de Bangkok et du métro de Nairobi), a été choisi pour concrétiser ce chantier titanesque. « Ce partenariat stratégique combine l’expertise technologique asiatique et la connaissance des spécificités locales », souligne un porte-parole du ministère des Transports. Le modèle retenu, un monorail « autoguidé » à sustentation magnétique, permettrait une vitesse de pointe de 80 km/h avec une empreinte carbone réduite de 40 % par rapport aux transports traditionnels.

Au-delà de la mobilité, ce projet s’articule avec d’autres initiatives structurantes: Intégration avec le réseau existant de tramways et de bus à haut niveau de service (BHNS). Déploiement de hubs multimodaux équipés de parkings relais et de bornes de recharge pour véhicules électriques. Et l’utilisation de matériaux recyclés et de panneaux solaires pour alimenter les stations.

Une phase d’études préliminaires est en cours pour optimiser le tracé, avec une attention particulière aux zones sensibles comme la Casbah, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les premières rames pourraient entrer en service dès 2028, selon un calendrier accéléré soutenu par des financements publics-privés.

Ce monorail incarne la volonté algérienne de réduire sa dépendance aux hydrocarbures tout en stimulant l’innovation locale. « C’est un pas vers une Algérie post-pétrole, où la jeunesse pourra s’approprier les métiers de la smart city », affirme un expert en urbanisme. Avec ce projet, Alger ambitionne non seulement de fluidifier ses transports, mais aussi de s’imposer comme un laboratoire d’idées pour l’Afrique .

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