Algérie : La riposte médiatique est en marche

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Le ministre de la Communication, Mohamed Meziane, a tiré la sonnette d’alarme : plus de « 9 000 journalistes » à travers le monde œuvreraient à « déformer l’image de l’Algérie ». Face à cette offensive médiatique, il appelle à un renforcement des médias nationaux et dénonce les « comportements coloniaux » persistants. Une prise de parole qui soulève des questions sur la place de l’Algérie dans le paysage médiatique international.

Lors d’une conférence à la Faculté des sciences de l’information et de la communication d’Alger, Mohamed Meziane a livré un constat sans appel : « Il y a plus de 9 000 journalistes à travers le monde qui travaillent à nuire à l’image de l’Algérie. Dès que l’image de notre pays apparaît, ils réagissent. »  Cette déclaration choc met en lumière une réalité souvent ignorée : dans un monde hyperconnecté, l’image d’un pays se construit (ou se détruit) à travers les médias. Pour l’Algérie, cette bataille est d’autant plus cruciale qu’elle est souvent perçue à travers le prisme des crises politiques, économiques ou migratoires.

Face à cette offensive, le ministre a annoncé des mesures pour soutenir les médias algériens : Redonner Télévision algérienne la place qu’elle mérite sur la scène internationale. Renforcer AL24 News, la chaîne d’information continue pour en faire un relais de la voix algérienne. Inciter l’Agence APS à déployer des correspondants et envoyés spéciaux à l’étranger pour couvrir l’actualité mondiale depuis une perspective algérienne. « Nous devons construire un prisme informationnel qui reflète nos valeurs et notre réalité », a insisté Meziane.

Le ministre n’a pas mâché ses mots concernant l’Agence France-Presse (AFP), qu’il accuse de véhiculer des « valeurs destructrices». « Quand un Américain veut se renseigner sur l’Algérie, il va à l’AFP. Et vous connaissez les valeurs de l’AFP ? », a-t-il lancé, avant de dénoncer une vision biaisée de l’Algérie. Cette critique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions historiques entre l’Algérie et la France, où les médias jouent un rôle clé dans la perception mutuelle. Pour le ministre, les médias algériens ont un rôle crucial à jouer : « Ils doivent être à la hauteur de l’enjeu et accompagner les efforts de l’État pour servir le citoyen et répandre la quiétude. » Cette vision place les médias comme des acteurs clés du développement national, capables de promouvoir une image positive de l’Algérie tout en répondant aux attentes des citoyens.

Une chose est sûre : dans cette guerre de l’information, l’Algérie ne peut plus se contenter de réagir. Elle doit prendre les devants, en investissant dans des médias indépendants, crédibles et capables de rivaliser à l’international. Comme l’a rappelé le ministre : « L’image d’un pays, c’est sa première carte de visite. Nous devons la soigner. »   Riad

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