Algérie : L’armée investit les industries stratégiques

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Le Ministère de la Défense nationale poursuit le renforcement de son pôle économique et industriel. Trois nouveaux établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) viennent d’être officiellement créés par décrets présidentiels publiés au « Journal officiel de la République algérienne ». Ces structures opéreront dans des secteurs technologiques particulièrement sensibles : la fibre optique, les technologies de l’information et le textile technique.

Cette décision marque une nouvelle étape dans l’évolution du rôle économique de  l’Armée nationale populaire, appelée à jouer un rôle croissant dans les industries stratégiques. L’objectif affiché est clair : réduire la dépendance technologique de l’Algérie vis-à-vis des fournisseurs étrangers, notamment dans les infrastructures de communication et les équipements numériques.

Trois nouvelles entités ont ainsi vu le jour : – EPIC-EC (Établissement de câblerie), implanté à Reghaia, il sera spécialisé dans la conception et la production de fibres optiques et de composants associés. -EPIC-EPMTIC (Établissement de production des moyens des technologies de l’information et de la communication),  basé à El Harrach, il se consacrera à la fabrication d’équipements électroniques et numériques destinés aux systèmes de communication.- EPIC-EDIT (Établissement de développement des  industries textiles), il produira des textiles techniques et industriels, notamment des uniformes ignifugés et des équipements de protection spécialisés.

Le choix de développer la production locale de fibre optique n’est pas anodin. Dans le monde moderne, ces réseaux représentent le véritable « système nerveux » des communications civiles et militaires. Maîtriser leur fabrication permet non seulement de sécuriser les infrastructures numériques nationales contre les risques d’espionnage, mais aussi de renforcer la souveraineté technologique du pays.

L’Algérie dispose par ailleurs d’un atout stratégique majeur : elle figure parmi les principaux producteurs mondiaux d’ « Helium », un gaz indispensable dans plusieurs technologies de pointe liées aux télécommunications et à l’électronique.

Le futur établissement d’El Harrach jouera un rôle charnière entre l’institution militaire et le monde de la recherche scientifique. Son conseil d’administration comprend notamment la direction centrale du numérique de l’armée ainsi que le Centre de développement des technologies avancées. L’objectif est de faciliter le passage des innovations issues des laboratoires vers des applications industrielles et opérationnelles.

Ces nouvelles entreprises reprennent l’organisation rigoureuse propre aux structures militaires tout en adoptant les standards de gestion économique modernes. Placées sous la tutelle du Ministère de la Défense nationale, elles disposent néanmoins d’une personnalité morale et d’une autonomie financière. Les textes fondateurs leur permettent également de nouer des partenariats industriels et de prendre des participations dans d’autres sociétés, ouvrant ainsi la voie à des collaborations avec le secteur privé et des investisseurs étrangers.

Depuis la fin des années 2000, la dimension économique de l’Armée nationale populaire ne cesse de se renforcer, notamment dans la mécanique lourde, l’électronique et les technologies avancées. Si une partie de ces investissements demeure naturellement couverte par le secret stratégique, il apparaît désormais clairement que l’armée s’impose comme un acteur majeur du développement industriel national.

Avec l’entrée dans les secteurs de la fibre optique, de l’électronique et des textiles techniques, l’institution militaire franchit une nouvelle étape : celle d’une industrie tournée vers la haute technologie et la consolidation de la souveraineté technologique de l’Algérie.

Par  Belkacem

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