Chaque été, le même triste scénario se répète sur les plages, les routes et les plans d’eau du pays. En l’espace de 24 heures seulement, huit vies ont été ôtées par noyade, tandis que six autres ont trouvé la mort sur les routes. Ce sinistre bilan, livré par la Protection civile, n’est pas qu’un chiffre froid : il reflète une réalité amère où l’insouciance, le non-respect des consignes de sécurité et parfois l’irresponsabilité collective transforment les lieux de détente en scènes de tragédie.
L’Algérie fait face à une tragédie silencieuse révélée par un bilan alarmant de la Direction générale de la protection civile : huit personnes décédées et 715 sauvées lors d’accidents de noyade en seulement 24 heures, sur un total de 1 011 interventions. Avec 4 145 interventions au total – soit une toutes les 18 secondes – et six morts supplémentaires sur les routes dans 170 accidents, ce tableau noir appelle à une mobilisation urgente. Ces chiffres, publiés ce lundi, exposent une vulnérabilité criante face aux dangers estivaux, où l’imprudence et le manque de prévention coûtent trop de vies.
Les noyades, concentrées dans diverses régions, soulignent un défi saisonnier : plages bondées, courants imprévisibles et absence de surveillance adéquate. Si le sauvetage de 715 personnes témoigne d’un effort louable des secours, les huit décès – une perte humaine insupportable – traduisent une faille dans la prévention. Sur les routes, les 186 blessés et six morts dans 170 interventions révèlent une autre urgence : excès de vitesse, routes dégradées et conduite hasardeuse, amplifiés par la saison estivale. Sur les réseaux sociaux, des voix s’élèvent, mêlant chagrin – « chaque vie compte » – à des appels à des campagnes de sensibilisation plus incisives.
Ce bilan ne fait que refléter un problème structurel : insuffisance des infrastructures de sécurité, manque de formation des sauveteurs et faible culture de prévention. Alors que l’été bat son plein, l’État doit agir au-delà des interventions d’urgence : renforcer les postes de secours, équiper les plages et routes, et éduquer la population. Les services de protection civile, déployés sans relâche, méritent un soutien accru pour éviter que ces statistiques ne deviennent une fatalité annuelle.
Ces chiffres sont un électrochoc. L’Algérie ne peut se permettre de perdre davantage de vies par négligence. Une stratégie nationale, associant autorités locales, associations et citoyens, est impérative pour transformer cette douleur en prévention. Sans cela, les prochaines 24 heures pourraient à nouveau écrire une page tragique dans l’histoire du pays. Riad






























