Biens immobiliers et déséquilibres : l’Algérie exige des comptes de la France

0
270

Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué en urgence, la semaine dernière, l’ambassadeur de France Stéphane Romatet, pour exiger des clarifications sur l’exploitation « inéquitable » par Paris de 61 propriétés étatiques algériennes. Selon l’agence de presse officielle « APS », ces biens, loués à des tarifs symboliques depuis des décennies, illustrent un déséquilibre historique entre les deux pays.

Parmi ces sites figurent des symboles de la présence française en Algérie : Le siège de l’ambassade de France  à Alger, étendu sur 14 hectares, dont le loyer dérisoire « ne couvrirait même pas le prix d’une chambre de bonne à Paris ».  La résidence de l’ambassadeur, un domaine de 4 hectares, loué en dinar algérien depuis  1962 sans réévaluation jusqu’en août 2023.  C’est la partie émergée de l’iceberg , dénonce l’APS, soulignant que ces avantages s’inscrivent dans des accords bilatéraux « toujours favorables à la France ».

« Paris dénonce ces accords sans jamais reconnaître les bénéfices colossaux qu’il en tire », accuse l’agence, pointant un partenariat à sens unique.

L’APS réagit vivement aux récentes accusations du ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, suggérant que l’Algérie « profiterait de l’aide française » sans respecter ses engagements.

« Si un pays tire profit des relations bilatérales, c’est bien la France », rétorque le texte, rappelant que des milliers d’ouvriers algériens ont rebâti l’économie française après-guerre, sans compensation équitable.

Face à ces tensions, l’Algérie réclame une révision complète des accords et une « reddition des comptes» sur les loyers symboliques des biens immobiliers, les déséquilibres commerciaux (la France est le 3ᵉ fournisseur de l’Algérie, mais n’importe que 0,3 % de ses produits hors hydrocarbures), et les conditions discriminatoires imposées aux travailleurs algériens en France.

Cette escalade verbale survient dans un contexte de crispation persistante entre Alger et Paris, marquée par des divergences sur la mémoire coloniale, la gestion des flux migratoires et les contrats énergétiques. La question des biens immobiliers pourrait cristalliser un nouveau front de tensions, alors que l’Algérie affiche une diplomatie de plus en plus assertive.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici