Comment les Arabes ont perdu la Palestine ?

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Alors que les conflits au Proche-Orient ravivent les plaies historiques, la question de la perte de la Palestine par les Arabes entre 1916 et 1948 interpelle comme une leçon amère.

Le déclin de la civilisation islamique à l’aube du XXe siècle, marqué par la fragmentation interne et les ingérences étrangères, a ouvert la voie à un projet sioniste soutenu par l’Occident, culminant avec la création d’Israël en 1948. Ce processus, loin d’être inévitable, résulte d’erreurs stratégiques arabes qui ont facilité la manipulation des grandes puissances, comme la Grande-Bretagne et la France, maîtres dans l’art de « diviser pour régner ».

Le point de départ est la révolte arabe de 1916-1918, menée par le Chérif Hussein ben Ali, manipulé par Londres. Promettant un État arabe unifié en échange d’une rébellion contre l’Empire ottoman – allié des Empires centraux pendant la Première Guerre mondiale – les Britanniques ont dupé les Arabes. Hussein, choisi pour saper l’ottomanisme, ignora que l’Occident ne s’intéressait aux Arabes que pour affaiblir un adversaire commun. Cette naïveté est d’autant plus flagrante que les Balkans, occupés par les Ottomans, avaient déjà conquis leur indépendance par la révolte. Les Arabes, divisés entre hachémites et saoudiens, n’ont pas saisi cette opportunité, permettant aux accords Sykes-Picot de 1916 de découper la région comme un gâteau colonial, ignorant les aspirations locales.

La déclaration Balfour de 1917, soutenant un « foyer national juif » en Palestine, scella ce destin. Hassan II, opposé au panarabisme nassérien, préféra des alliances pragmatiques, comme lors de la Guerre des Six Jours, où des troupes marocaines envoyées en Égypte furent bloquées en Libye, un fiasco suspect. Ces erreurs – trahison du califat ottoman, opportunisme face aux promesses britanniques – prouvent une rationalité défaillante, où les intérêts dynastiques l’emportèrent sur l’unité arabe. L’émir Fayçal, rival d’Hussein, exploita même cette division pour chasser les hachémites, fragmentant davantage la péninsule.

Aujourd’hui, ces fractures persistent. Le silence du Maroc sur les plans israéliens pour Gaza, malgré les accusations de génocide, et son rapprochement avec Tel-Aviv via les accords d’Abraham, rappellent ces trahisons historiques. Cette instabilité, héritée du colonialisme et des divisions internes, appelle à une unité arabe renouvelée.

La Palestine, symbole de cette perte, reste un avertissement : sans unité, les Arabes restent vulnérables aux manipulations étrangères. Les leçons de 1916-1948 – naïveté face aux promesses britanniques, rivalités dynastiques, absence de vision stratégique – résonnent encore. Seule une solidarité renouvelée peut inverser cette spirale, sinon le Moyen-Orient risque de rester un théâtre où les puissances extérieures dictent leur loi, au détriment d’un peuple spolié.

Dans ce contexte, l’intention récente de Donald Trump de finaliser le plan du Grand Moyen-Orient pour achever l’occupation israélienne de Gaza souligne une continuité alarmante de cette stratégie coloniale, où les divisions arabes servent encore d’outil pour imposer des agendas extérieurs, menaçant une fois de plus la souveraineté et l’identité de la région.   Riad

 

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