Le ministère de l’Industrie a adressé une note urgente aux concessionnaires de véhicules neufs, leur demandant de fournir des données en temps réel sur la disponibilité des pièces détachées et le suivi de leur activité.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du décret exécutif 22-383, qui encadre la commercialisation des véhicules neufs en Algérie. Les concessionnaires doivent notamment transmettre la liste complète de leurs distributeurs agréés, couvrant au moins 28 wilayas, conformément aux exigences du cahier des charges. Outre cette liste, le ministère exige également un état précis des stocks de pièces et accessoires automobiles au niveau de chaque réseau de distribution. Selon la tutelle, « ces informations permettront de vérifier le respect des obligations imposées par le livre des conditions générales et d’assurer la qualité des services après-vente au profit des clients ». Cette démarche intervient alors que des difficultés ponctuelles dans l’approvisionnement en pièces détachées ont été signalées dans certaines régions du pays. Le ministère souhaite ainsi disposer de données fiables pour évaluer la situation du marché des véhicules neufs et anticiper toute mesure nécessaire. Ce suivi pourrait également préparer le terrain à une facilitation temporaire de l’importation de pièces détachées, en attendant le développement de la production locale. En février 2025, l’actuel Premier ministre, Sifi Ghrieb, alors ministre de l’Industrie, avait annoncé la création d’un réseau national de fabricants de pièces détachées, destiné à consolider l’industrie locale et à mettre en place une nouvelle stratégie pour le secteur automobile. Selon Kamel Agsous, président de la Bourse algérienne de sous-traitance et du partenariat, l’Algérie compte près de 1 200 entreprises de sous-traitance, actives dans la mécanique, la métallurgie, l’électricité et l’électronique. Parmi elles, 200 sociétés peuvent fournir des composants pour les constructeurs automobiles, et 100 peuvent être opérationnelles rapidement. Par ailleurs, des partenariats avec des entreprises étrangères ont été signés pour produire localement certaines pièces. La holding ACS a notamment conclu un accord avec la société italienne SIGIT, spécialisée dans les structures plastiques et en caoutchouc pour l’automobile, avec pour objectif de transférer une partie des commandes étrangères vers l’Algérie et d’augmenter les exportations vers des marques internationales telles que Volkswagen, Mercedes, Lamborghini, Audi et Stellantis. Le suivi demandé par le ministère permettra donc de mieux réguler le marché et de préparer l’Algérie à renforcer sa production locale de pièces détachées, tout en assurant un service après-vente de qualité pour les clients. Par Amina L
































