La France dégringole à la 25ᵉ place du classement mondial de Transparency International sur la corruption, perdant cinq rangs en un an. Un recul historique qui révèle des failles structurelles et une perte de confiance dans les institutions. Entre scandales politico-financiers et conflits d’intérêts, le pays « risque de perdre le contrôle de la corruption », selon l’ONG.
Le dernier Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International est sans appel : la France chute à la 25ᵉ place sur 180 pays, avec un score de 67/100. Elle se retrouve ainsi au même niveau que le Qatar** ou les Bahamas, loin derrière l’Allemagne (15ᵉ) et le Danemark, leader du classement. « C’est un signal d’alarme pour la France, qui entre pour la première fois dans la catégorie des pays risquant de perdre le contrôle de la corruption* », explique Florent Clouet, délégué général de Transparency International France.
Ce recul s’explique par les Scandales de corruption à répétition .Depuis 2017, 26 ministres ont été impliqués dans des affaires politico-financières. Parmi eux, Rachida Dati, la ministre de la Culture), mise en examen dans l’affaire Renault, Alexis Kohler (secrétaire général de l’Élysée), poursuivi pour « prise illégale d’intérêts » en lien avec l’armateur MSC, Aurore Bergé (Égalité femmes-hommes), visée par une enquête pour faux témoignage et Philippe Tabarot (Transports), soupçonné de détournement de fonds publics.
L’ONG dénonce une « porosité croissante et dangereuse entre les sphères publiques et privées », citant notamment les lobbies des crèches et des eaux minérales. La suspension temporaire de l’agrément de l’association ‘’Anticor’’ en 2024 a été perçue comme un frein à la lutte contre la corruption.
Arrivé au pouvoir en 2017 avec la promesse de « moraliser la vie publique », Emmanuel Macron voit son bilan terni par ce classement. Sept ans plus tard, le constat est amer, selon Florent Clouet. Malgré quelques avancées, comme la création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), les réformes peinent à convaincre. « Il y a une absence de volonté, tous bords politiques confondus, de lutter contre les atteintes à la probité », insiste l’ONG.
Cette dégringolade n’est pas qu’un symbole. Elle reflète une perte de confiance des citoyens envers leurs institutions. Selon un récent sondage, 72 % des Français estiment que la corruption est « très répandue » dans leur pays. Riad






























