Des espions israéliens chez Meta ?

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Le géant de la technologie Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, se trouve au cœur d’une controverse explosive : plus de cent de ses employés, dont des cadres influents, sont d’anciens soldats et espions de l’armée israélienne (Tsahal). Parmi eux, Shira Anderson, avocate américaine et responsable de la politique d’IA de l’entreprise, qui a volontairement rejoint Tsahal en 2009 via le programme Garin Tzabar.

Ce programme, a conduit nombre de ces « soldats  » à participer à des opérations aujourd’hui qualifiées de crimes de guerre, notamment depuis le début de l’offensive israélienne à Gaza en octobre 2023. Ces révélations jettent une lumière crue sur les liens entre Meta et des individus impliqués dans un conflit sanglant, soulevant des questions graves sur la neutralité de l’entreprise et son engagement envers la liberté d’expression.

Shira Anderson, après des études à Berkeley et Duke, a servi plus de deux ans dans l’armée israélienne comme sous-officière dans une unité stratégique, rédigeant propagande et rapports militaires. Elle a aussi été une liaison avec la Croix-Rouge et des attachés étrangers. Aujourd’hui basée à Washington D.C., elle pilote chez Meta les politiques d’IA, un domaine clé pour l’avenir technologique et sécuritaire. Mais elle n’est pas seule : une enquête révèle que plus d’une centaine d’anciens membres de Tsahal, dont beaucoup issus de l’unité de renseignement 8200, travaillent rejoindre ses rangs. Cette unité, spécialisée dans la cybersurveillance, est accusée d’avoir infiltré des groupes WhatsApp pour marquer des cibles à abattre à Gaza, souvent sans distinction. Comment ces données, issues d’une plateforme Meta, ont-elles été accessibles ? La question reste sans réponse claire, mais elle alimente les soupçons d’une collaboration troublante.

Ce recrutement massif coïncide avec une modération de contenu biaisée chez Meta, où les comptes pro-palestiniens sont systématiquement censurés depuis le début du conflit. Israël, qui utilise l’IA dans sa guerre et son système d’occupation, semble avoir trouvé en Meta un allié de poids. Anderson, qui nie l’existence d’un génocide à Gaza et justifie les pertes civiles dans un podcast de 2023, incarne cette convergence d’intérêts. Ses propos – qualifiant Hamas de « culte de la mort » ou regrettant que le droit international limite Israël en Cisjordanie , bien loin de l’impartialité attendue d’une juriste internationale.

Meta ne s’arrête pas là. En novembre, l’entreprise a annoncé que son IA « Llama » serait mise à disposition des États-Unis et de leurs alliés des « Five Eyes » pour des besoins sécuritaires, en partenariat avec des géants comme Lockheed Martin et Palantir. La liberté d’expression, pilier affiché de la plateforme, semble sacrifiée sur l’autel d’intérêts géopolitiques. Il est temps que Meta rende des comptes.       Riad

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