Autrefois considérée comme une pratique spirituelle visant à soulager les maux de l’âme et du corps par la récitation de versets coraniques, la roqya charaïa est aujourd’hui devenue une véritable industrie. Dans un contexte où la sorcellerie et la magie noire se sont largement répandues, comme en témoignent les nombreux sortilèges découverts dans les cimetières, la demande de séances de roqya ne cesse de croître. Profitant de cette situation, certains raqis n’hésitent plus à afficher des tarifs exorbitants, avec des séances dépassant parfois les 10 millions de centimes. De simples pratiques artisanales, la roqya a évolué en une activité organisée, avec des centres dédiés, des secrétaires et des assistants. Pour bénéficier d’une série de consultations auprès d’un raqi réputé, censé traiter ensorcellement, stérilité ou troubles psychiques, les patients doivent parfois débourser jusqu’à 20 millions de centimes. Le phénomène échappe à toute réglementation officielle, se développant dans l’ombre d’une société en proie aux difficultés économiques et au désespoir. Les centres de roqya, bien que discrets, prolifèrent à un rythme effréné. Malgré des coûts faramineux et la vente de potions aux vertus douteuses, les patients, animés par l’espoir de guérison, cèdent volontiers. Certains raqis devenus célèbres privilégient désormais une clientèle fortunée, transformant chaque consultation en un luxe réservé aux mieux-offrants. Avec l’avènement du numérique, la roqya s’est aussi digitalisée. De nombreux raqis proposent des séances à distance via WhatsApp ou Messenger, avec paiements électroniques. TikTok est devenu leur principal théâtre : en un clic, les internautes peuvent assister à des séances en direct, contribuant à faire exploser la popularité et les revenus de ces « raqis modernes».






























