L’usage de la langue constitue un élément déterminant dans le fonctionnement d’une justice équitable. En Algérie, où la diversité linguistique fait partie du quotidien, la prise en compte de tamazight dans les procédures judiciaires apparaît de plus en plus comme une nécessité afin de garantir à chaque citoyen une compréhension claire des démarches et des décisions rendues par les tribunaux.
C’est dans cet esprit que le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a présidé l’ouverture d’une journée d’étude consacrée à la place de la langue amazighe dans la justice. L’événement, organisé en collaboration avec le Haut-Commissariat à l’amazighité et son secrétaire général Si El Hachemi Assad, s’est tenu à l’École supérieure de la magistrature de Koléa, à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle. Cette rencontre visait à examiner les moyens d’intégrer concrètement tamazight dans le travail judiciaire quotidien. L’objectif est de permettre aux justiciables qui ne maîtrisent pas parfaitement l’arabe de suivre les audiences, de comprendre les accusations portées contre eux et de défendre leurs droits dans de meilleures conditions. Dans cette perspective, la question de la traduction occupe une place centrale. La présence d’interprètes qualifiés lors des audiences, la mise à disposition de documents traduits ou encore la formation linguistique des magistrats et des auxiliaires de justice figurent parmi les pistes évoquées pour améliorer la communication entre les institutions judiciaires et les citoyens. La journée d’étude a également donné la parole à des universitaires, magistrats et spécialistes de la traduction afin d’évaluer les expériences déjà menées et d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain. L’enjeu est de dégager des solutions concrètes capables d’être appliquées durablement dans les tribunaux.En Algérie, l’évolution du système judiciaire dans ce sens s’inscrit dans la reconnaissance progressive de tamazight comme composante essentielle de l’identité nationale. Son intégration dans la pratique judiciaire pourrait ainsi constituer une nouvelle étape vers une justice plus inclusive et mieux comprise par l’ensemble des citoyens. Par Amina L.






























