L’annonce a fait l’effet d’une bombe. L’entreprise israélienne « BlueBird Aero Systems » a diffusé des images montrant le test en conditions réelles de son drone kamikaze « SpyX », mené dans le sud du Maroc. En d’autres termes, le royaume se transforme en client-test, un rôle que peu de nations acceptent ouvertement.
Par Belkacem
Les images troublantes diffusées par l’entreprise israélienne « BlueBird Aero Systems », montrent un drone kamikaze « SpyX » percutant un char et un véhicule blindé dans le sud du Maroc. Les cibles n’étaient pas ennemies, mais bien du matériel militaire marocain désaffecté, utilisé pour tester la précision et la puissance du dispositif israélien. L’information, confirmée par des sources spécialisées dans le renseignement militaire, illustre une évolution inquiétante : « le Maroc devient un terrain d’essai pour les technologies de guerre israéliennes ».
Au-delà de l’aspect technique, le symbole est lourd : Israël utilise le territoire marocain comme terrain d’expérimentation militaire, avec la bénédiction de Rabat. Cette coopération, présentée comme « stratégique », fait du Maroc un laboratoire d’armes pour l’industrie israélienne, au risque d’attiser les tensions régionales.
Depuis la normalisation de leurs relations en 2020, Rabat et Tel-Aviv n’ont cessé d’intensifier leur coopération militaire. L’accord de défense signé en 2021 a ouvert la voie à des transferts massifs de technologie, à la formation conjointe de cadres militaires et à l’installation de sociétés israéliennes sur le sol marocain. L’annonce, fin 2024, du projet de construction d’une usine de drones israéliens au Maroc avait déjà suscité la controverse. Le test du « SpyX » vient confirmer que cette coopération va bien au-delà des simples échanges commerciaux : elle franchit désormais le seuil stratégique du transfert d’expérimentation, celui où le territoire marocain devient un laboratoire pour les guerres du futur.
L’implantation annoncée d’une usine de drones israéliens au Maroc en 2024 marque un nouveau palier dans cette alliance militaro-industrielle. Mais elle soulève une question : à qui servent vraiment ces essais ? À la défense du Maroc, ou à l’expansion de la puissance israélienne en Afrique du Nord ?
Pour Tel-Aviv, le Maroc est une vitrine idéale, un partenaire politique sûr, et porte d’entrée vers le marché africain. Pour Rabat, c’est une alliance risquée, tant sur le plan diplomatique qu’identitaire. Car en s’adossant à Israël, le royaume prend le risque d’être perçu comme un « traitre » par les arabes et musulmans.






























