L’inauguration d’une usine de fabrication de drones israéliens à « Benslimane », près de Casablanca, ne concerne pas uniquement le Maroc : elle touche l’ensemble de la région. Car derrière la coopération industrielle se dessine un autre enjeu — celui de l’extension de la présence israélienne en Afrique.
L’implantation d’une industrie de drones à portée duale — militaire et sécuritaire — pourrait modifier les équilibres régionaux et alimenter une dynamique d’escalade technologique.
Plusieurs analystes estiment par ailleurs que ce projet s’inscrit dans une stratégie israélienne d’ancrage en Afrique, visant à renforcer sa présence militaire, économique et sécuritaire sur le continent, notamment à travers des partenariats industriels et des réseaux d’influence stratégique. Elle révèle une orientation stratégique assumée par la monarchie chérifienne : s’arrimer à l’axe sécuritaire formé autour d’Israël et de ses alliés, au nom de la modernisation militaire et du calcul géopolitique.
En posant un pied au Maghreb, Tel-Aviv cherche à consolider des relais d’influence au Sahel et en Afrique de l’Ouest, à un moment où le continent devient un terrain de compétition stratégique entre puissances régionales et internationales. Au-delà des frontières marocaines, cette implantation industrielle soulève également des inquiétudes au sein des pays voisins du Maghreb et du Sahel, qui y voient un facteur supplémentaire d’instabilité stratégique.
Mais derrière l’argument sécuritaire se pose une question essentielle : peut-on construire une industrie d’armement en faisant abstraction de la tragédie de Gaza et des drames humains qui y sont liés ?
Le choix marocain intervient à un moment où la guerre à Gaza secoue les consciences, les institutions internationales dénoncent des violations graves, et où la solidarité avec le peuple palestinien traverse largement les sociétés arabes. En renforçant sa coopération militaire avec l’entité israélienne, Rabat assume un pari stratégique , mais prend aussi le risque d’un « coût moral et politique intérieur ». Car ce partenariat ne se limite pas aux frontières marocaines. Il engage l’image du pays : dans la région, auprès des peuples, et face à l’histoire.
Face aux calculs géopolitiques, une interrogation demeure : Le Maroc choisit-il la puissance militaire au détriment de la solidarité morale et historique avec la cause palestinienne ?
Par Belkacem






























