Dessalement de l’eau de mer à Mostaganem: la station de Sidi Laadjel, un bouclier contre la pénurie d’eau

0
218

Implantée sur une superficie de 12 hectares, à proximité de la plage emblématique de Sidi El Adjel, dans la commune de Khadra, la station de Sidi Laadjel bénéficie d’une position idéale le long des 1 400 kilomètres de côtes algériennes. Choisi pour son accès direct à la mer Méditerranée et sa proximité avec les axes routiers majeurs, ce site permettra une distribution efficace vers les wilayas de Mostaganem, Tissemsilt, Tiaret et Relizane.

Avec une capacité de production de 300 000 mètres cubes d’eau potable par jour à son achèvement, l’installation – qui sera réalisée par la Société algérienne de réalisation des projets industriels (SARPI), filiale de Sonatrach – s’appuiera sur la technologie de l’osmose inverse, un procédé mondialement reconnu pour son efficacité et sa fiabilité. Ce lancement, qui s’inscrit dans le second programme complémentaire de dessalement validé par le Conseil des ministres le 19 octobre dernier, fait écho à cinq autres stations mises en service cette année à El Tarf, Béjaïa, Annaba, Boumerdès et Oran. Ensemble, elles portent la production nationale à 3,7 millions de m³/jour, couvrant déjà 42 % des besoins en eau potable du pays. À l’horizon 2030, l’objectif est ambitieux : atteindre 5,6 millions de m³/jour, soit 60 % de la consommation nationale, pour rompre définitivement avec la dépendance aux barrages et aux nappes phréatiques surexploitées. Les retombées attendues de cette station sont à la mesure de l’enjeu. D’abord, sur le plan social et sanitaire, elle assurera un approvisionnement stable en eau potable pour près de trois millions de citoyens, des zones urbaines de Mostaganem aux campagnes arides de Tiaret et Tissemsilt. Ces régions, confrontées à des coupures récurrentes et à une qualité d’eau souvent dégradée par la salinisation des nappes, verront leur quotidien transformé. Sur le volet environnemental, le projet agit comme un rempart contre le changement climatique. En allégeant la pression sur les ressources souterraines et les barrages régionaux – comme le barrage de Sidi M’hamed Benali, déjà à 70 % de sa capacité –, la station préservera les écosystèmes fragiles de l’ouest algérien. Elle contribuera également à limiter la désertification galopante, en favorisant une agriculture plus résiliente via l’irrigation avec des eaux traitées. Économiquement, les perspectives sont tout aussi prometteuses. Le chantier, réalisé en mode FEED+EPC (conception et exécution intégrées) par des compétences 100 % algériennes, générera des centaines d’emplois directs et indirects dès la phase de construction, prévue pour s’étendre sur plusieurs années. À terme, l’exploitation et la maintenance de la station créeront des postes qualifiés en ingénierie et technique, stimulant la formation locale. Pour les agriculteurs et les industries agroalimentaires de la région – fleuron de la production laitière et fruitière –, l’accès à une eau abondante et de qualité boostera les rendements et réduira les coûts, favorisant ainsi une relance économique durable. Riad

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici