Famine généralisée à Gaza : La faim frappe à chaque porte

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Vingt mois après le début de l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, la faim rôde dans les ruelles poussiéreuses de ce territoire assiégé. Ce n’est plus seulement la guerre qui tue, mais bien la faim, silencieuse et méthodique, qui s’insinue dans chaque foyer, chaque famille, chaque enfant. Les agences onusiennes tirent la sonnette d’alarme : une famine généralisée menace Gaza, avec des conséquences humanitaires potentiellement irréversibles.

Dans les camps de réfugiés surpeuplés, les files d’attente devant les rares points de distribution alimentaire s’allongent à l’aube. Des femmes, des hommes, des enfants, épuisés et décharnés, patientent parfois pendant des heures pour un maigre sac de farine ou quelques boîtes de conserve. Les bousculades sont fréquentes, parfois meurtrières. « J’ai vu des gens tomber d’épuisement, d’autres s’effondrer en marchant. Personne ne peut dire s’il rentrera chez lui avec quelque chose à manger », témoigne Amal, une mère de quatre enfants vivant dans le camp de Jabalia. Les visages des enfants racontent à eux seuls l’ampleur de la tragédie. Leurs bras sont devenus des tiges fragiles, leurs joues creusées, leurs yeux cernés de désespoir. Selon l’UNICEF, près de 18 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère, une situation qui peut devenir fatale sans intervention rapide. « Ce que nous voyons à Gaza dépasse l’entendement. Des nourrissons meurent de faim sous nos yeux. C’est une catastrophe humanitaire sans précédent », a déclaré une coordinatrice de l’UNICEF sur place. Les marchés autrefois colorés et bruillants de vie sont aujourd’hui des lieux désolés. Les étals sont vides, les fruits et légumes ont disparu, remplacés par des regards hagards et des silences pesants. Les bombardements répétés ont détruit les terres agricoles, les serres, les puits d’eau. Ce qui pouvait être cultivé localement a été anéanti. L’agriculture, source de vie pour des générations de Gazaouis, n’existe plus que dans les souvenirs. Depuis le début du mois de mars 2025, le blocage quasi-total de l’aide humanitaire par l’armée israélienne a précipité la bande de Gaza dans une crise alimentaire sans précédent. Les convois d’aide, pourtant indispensables, sont régulièrement bloqués à la frontière ou soumis à des retards administratifs qui coûtent la vie à des centaines de personnes. « La nourriture est devenue une monnaie rare, précieuse, parfois échangée contre des bijoux ou des morceaux de ferraille », explique un responsable local des services de secours. Devant cette situation, les Nations Unies ne cachent plus leur inquiétude. Mardi 24 juin, un haut responsable du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a dénoncé « l’utilisation de la nourriture comme une arme de guerre » par les autorités israéliennes. « Les personnes désespérées et affamées de Gaza continuent d’être confrontées au choix inhumain de mourir de faim ou de risquer d’être tuées en essayant d’obtenir de la nourriture », a-t-il déclaré. Face à cette tragédie, la communauté internationale reste divisée. Certains pays appellent à une reprise immédiate de l’aide humanitaire, d’autres continuent de soutenir sans réserve la politique israélienne. Dans le même temps, les Palestiniens de Gaza vivent dans un état d’abandon absolu, sans électricité, sans eau potable, sans nourriture suffisante, et sans espoir visible. Alors que l’été s’annonce, avec ses températures accablantes et sa sécheresse, Gaza craint le pire. La famine ne fait pas de bruit, mais elle tue lentement, méthodiquement. Et si rien n’est fait, elle emportera des milliers de vies dans l’indifférence générale. La question est désormais de savoir si le monde entier restera spectateur de cette lente extermination, ou s’il saura enfin entendre les cris muets de Gaza.

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