FINANCEMENTS EXTERIEURS DES ASSOCIATIONS : 17 milliards de dinars sous surveillance

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Plus de 800 associations activant à travers le territoire national ont bénéficié de financements extérieurs dont le montant global dépasse les 17 milliards de dinars, l’équivalent de près de 119 millions de dollars. C’est ce qui ressort du rapport national sur l’état de la société civile en Algérie, rendu public par l’Observatoire national de la société civile, lequel met également en lumière les risques potentiels d’exploitation de ces structures par des réseaux de financement du terrorisme.

En effet, le rapport réalisé sous la direction du ministère de l’Intérieur, en collaboration avec la Banque mondiale et l’ensemble des institutions concernées, précise qu’il a été recensé 845 associations recevant des financements extérieurs. La France est de loin le principal pourvoyeur, représentant 62,45 % des apports. Viennent ensuite les Emirats arabes unis avec 4,49 %, le Canada avec 3,97 %, l’Espagne avec 3,8 %, la Turquie avec 3,46 %, puis la Suisse et l’Allemagne avec 1,9 % chacune. La valeur absolue, manne considérable, illustre la vitalité et la crédibilité de nombreuses initiatives locales, mais impose aussi une plus grande vigilance aux tentatives de détournement pour financer des actions terroristes. D’autant plus que, même si cette étude a conclu à un risque globalement faible, il reste que les associations caritatives, religieuses et certaines fondations requièrent une plus grande vigilance. Cette réalité financière s’inscrit dans un paysage associatif particulièrement dense. Le pays compte 41 807 associations entrant dans le champ défini par le Groupe d’action financière (GAFI). Parmi elles, les associations religieuses sont les plus nombreuses avec 20 034 structures, souvent liées à la gestion des mosquées et à la collecte de dons. Viennent ensuite 9 619 associations caritatives, actives dans l’aide aux plus démunis, 8 198 associations culturelles, 3 615 environnementales, 335 fondations et six bureaux d’ONG internationales autorisés à exercer en Algérie. A côté de ce noyau, plus de 50 000 associations dites « hors champ GAFI » poursuivent des activités sportives, scientifiques, professionnelles, de jeunesse, ou encore comités de quartiers. Ces structures, qui ne collectent pas de fonds à redistribuer, sont considérées comme beaucoup moins exposées aux tentatives d’abus financiers. Malgré l’ampleur des associations et de leur financement, les signalements de dérives demeurent rares. Entre 2020 et 2024, la Cellule de traitement du renseignement financier a recensé quatre cas d’opération suspecte. Trois concernaient des associations caritatives et un seul une association religieuse. Aucun n’a débouché sur une condamnation. Ces chiffres, relativement faibles, traduisent une situation maîtrisée, mais confirment que le risque existe et qu’il touche prioritairement les segments manipulant des fonds humanitaires ou religieux. L’évaluation distingue clairement les niveaux de risque. La menace est considérée comme faible, avec un score indicatif de 0,20 pour la plupart des catégories. Mais la vulnérabilité apparaît plus marquée chez les associations caritatives, qui atteignent 0,60 et chez certaines fondations, évaluées à 0,53. Le risque intrinsèque reste globalement modéré, mais il atteint 0,70 pour les associations caritatives et 0,78 pour les associations religieuses. Les fondations sont évaluées à 0,20 et les ONG internationales à 0,17, ce qui traduit une exposition moindre. Les rapporteurs tiennent à préciser qu’ils ne minimisent pas les risques. La menace est jugée globalement faible, mais elle se concentre sur certaines catégories. Au total, 3 115 associations ont été classées comme potentiellement exposées. Parmi elles, 928 sont caritatives, 1 852 religieuses et 335 sont des fondations.

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