FONDS DETOURNES ET SPECULATION : Le président Tebboune met en garde

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Le président Tebboune a mis à profit sa tournée à travers les stands de la Foire de la production nationale, dont il a donné le coup d’envoi au Palais des expositions d’Alger, pour échanger avec les responsables des entreprises et des groupes présents.

Ce parcours lui a aussi permis de faire passer des messages clairs sur la volonté de l’État d’accompagner ceux qui s’engagent au service de l’économie nationale, et sur son intransigeance à l’égard de ceux qui cherchent à jouer entre les lignes. Spéculation, détournement de fonds, récupération des entreprises confisquées et rôle économique de l’État ont structuré l’ensemble de ses déclarations. Dès son arrêt au stand du groupe public laitier Giplait, le chef de l’État a reçu une présentation détaillée des capacités actuelles de production. Lors de ses échanges avec la représentante du groupe, le président a exprimé sa colère en évoquant la persistance de la pénurie de lait subventionné, affirmant que celle-ci ne s’explique plus, selon lui, par un déficit de production, mais par des pratiques délibérées. « Aujourd’hui, nous savons que la spéculation n’est pas due à la pénurie, elle est parasitaire », a-t-il lancé, en dénonçant l’existence de circuits informels qui détournent les produits de leur destination initiale. Le président a décrit un mécanisme précis, presque banal, mais lourd de conséquences pour l’État. « Une partie du lait est vendue légalement, le reste est écoulé clandestinement à des prix doublés », a-t-il déploré, évoquant une économie souterraine qui prospère sur la subvention publique. « Ces gens-là, la Justice les attend », a-t-il ajouté, assurant que « celui qui sera pris en train de faire de la spéculation sur les produits alimentaires et de jouer avec la nourriture du citoyen le regrettera toute sa vie ». Cette fermeté s’accompagne toutefois d’un rappel au rôle de l’État et de ses entreprises. À Giplait, Tebboune a insisté sur la dimension de service public. « Vous êtes plus qu’une société commerciale, vous avez une mission », a-t-il déclaré, en appelant à une meilleure organisation de la distribution. L’État, a-t-il assuré, restera présent pour compenser et soutenir, mais attend des résultats concrets sur le terrain. Le président a ensuite élargi son propos en évoquant un autre dossier lourd. Celui des anciens oligarques et des fonds détournés. En visitant le stand de la holding publique Agrodiv, qui a récupéré plusieurs entreprises confisquées par la Justice, Tebboune est revenu sur ce qu’il a qualifié de « catastrophe vécue par le pays ». Détournements, surfacturation et fuite des capitaux ont laissé des traces profondes. Là encore, le message a été direct. « Il faut récupérer l’argent de l’État », a-t-il martelé. Évoquant les fonds dissimulés à l’étranger, il a averti que « l’argent caché aux îles Vierges ou ailleurs, son jour viendra ». Pour les avoirs déjà identifiés, il a estimé qu’ils permettront au Trésor public de récupérer une partie des milliers de milliards de dinars détournés. Le chef de l’État s’est aussi félicité du redémarrage des entreprises récupérées, saluant un changement de rythme après des années d’inertie.

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